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10 juillet 1938: Howard Hughes s'envole pour un tour du monde en trois jours

10 juillet 1938: Howard Hughes s'envole pour un tour du monde en trois jours

L’ÉTÉ 1938 À LA UNE (1/8) – Il y a 80 ans, la France vivait son avant-dernier été avant de sombrer dans la Seconde Guerre mondiale. Quelle était alors l’actualité ? Le Figaro plonge dans ses archives et décrypte chaque semaine une nouvelle Une. Aujourd’hui, un milliardaire américain, la Palestine et une cathédrale.

L’édito: un suicide collectif?

«Ce qu’il y a de pire, c’est de parler constamment de la guerre, de laisser s’épaissir une sorte de psychose résignée et de ne pas crever ce nuage, dans lequel nous finissons par ne plus rien distinguer, en criant: De quoi s’agit-il?» En juillet 1938, l’Europe est agitée de toute part et le bruit des bottes se fait plus insistant. Comment ne pas craindre une «nouvelle conflagration européenne» synonyme de «suicide collectif» comme le rappelle l’éditorialiste du Figaro, Wladimir d’Ormesson le 10 juillet? Les nazis au pouvoir en Allemagne, la guerre civile en Espagne, l’affaire des Sudètes en Tchécoslovaquie… Pour de nombreux Français, traumatisés par la Grande guerre, tout doit être fait pour maintenir la paix en Europe. C’est ce que défend avec acharnement Le Figaro qui, dès 1933, alertait sur le danger que représentait Adolf Hitler pour ses voisins.

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Wladimir d’Ormesson, futur diplomate auprès du Vatican (et oncle de Jean d’Ormesson), entré au journal en 1934, en appelle tout au long de l’été à la responsabilité des dirigeants européens face au risque d’anéantissement qu’entraînerait une nouvelle guerre. Le 30 septembre, les accords de Munich seront signés, abandonnant à Hitler une partie du territoire tchécoslovaque contre des garanties de paix dont il s’affranchira bien vite.

À quelques milliers de kilomètres de Paris, un autre conflit

Le Figaro

En Palestine, sous mandat britannique, la révolte gronde. Les troubles ont débuté en avril 1936 avec la grève entamée par les Arabes palestiniens. Ils réclament alors la fin du mandat britannique et l’arrêt de l’immigration juive qui s’est accélérée depuis l’arrivée au pouvoir d’Hitler en Allemagne. Les heurts entre Arabes et sionistes ne cessent de s’accentuer pendant les deux années suivantes. Le projet de partition de la Palestine imaginée par la commission d’enquête dirigée par Lord Peel en 1937 a été refusé par les Arabes. La révolte est violemment réprimée par le pouvoir britannique pendant que les attentats perdurent faisant de nombreuses victimes dans la population juive et arabe. En 1939, les Britanniques signent tout de même un Livre blanc limitant l’immigration juive et le transfert des terres arabes aux juifs. La Seconde Guerre mondiale changera la donne et l’État d’Israël sera créé le 14 mai 1948.

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Un tour du monde en trois jours

Le Figaro

L’actualité n’est pas que tragédie. En ce 10 juillet, le milliardaire américain, Howard Hughes, se prépare à battre le record de vitesse autour du monde en avion détenu par son compatriote Willy Post: 7 jours 18 heures 50 minutes en juillet 1933.

L’excentrique producteur de cinéma est un passionné d’aviation, propriétaire de la compagnie TWA et déjà détenteur du record du monde de vitesse en 1935. Il part le 10 juillet 1938 de New York -dans un avion de ligne Lockeed et accompagné de quatre équipiers-, et boucle son tour du monde en 3 jours 19 heures et 14 minutes en passant par Paris, Moscou et Fairbanks. «Vraiment l’exploit le plus formidable des annales de l’aviation» écrira Le Figaro qui suit l’exploit en Une jusqu’à son arrivée triomphale à New York le 14 juillet.

La cathédrale martyrisée

Le Figaro

Alors que la France redoute un nouveau conflit, c’est une blessure de la Première Guerre mondiale qu’elle s’apprête à panser. Le 10 juillet, la Cathédrale de Reims restaurée est inaugurée. «Le président de la République, le légat pontifical, quarante-sept cardinaux, archevêques et évêques ont célébré le symbole de la résurrection de la patrie» écrira Le Figaro le lendemain. Le lieu du sacre des rois est en effet la «cathédrale martyre» détruite par les bombardements allemands en septembre 1914. Pas moins de 288 obus se sont abattus sur elle provoquant un incendie dévastateur et une indignation générale.

Les travaux de restauration commencent dès 1919 soutenus par des mécènes américains dont les Rockfeller. L’inauguration en 1938 est grandiose donnant à l’événement une portée symbolique chargée d’éloigner les nuages sombres qui s’amoncellent sur l’Europe.

En partenariat avec Retronews, le site de presse de la BnF

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