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15 mars 44 av. J.-C.: Jules César est assassiné à Rome

15 mars 44 av. J.-C.: Jules César est assassiné à Rome

HISTOIRE – De A comme Assassinat à V comme Vercingétorix, focus sur cette figure historique, au travers d’un abécédaire non-exhaustif, à l’occasion de l’anniversaire de sa mort.

Jules César (Caius Julius Caesar), né en 100 av. J.-C, est un membre de la noblesse romaine. Personnage ambitieux, il n’hésite pas à faire valoir une ascendance divine: les Jules descendraient de Vénus -la déesse qui donne la victoire sur le champ de bataille. Ce chef de guerre et homme politique parvient aux cimes du pouvoir avant de connaître une fin brutale.

A comme Assassinat

Le 15 mars 44 av. J.-C., le jour des ides de mars dans le calendrier romain, Jules César se rend sur le Champ de Mars, à une réunion du Sénat. Au sommet du pouvoir, il s’apprête à partir en campagne contre les Parthes, peuple de l’Iran. Le bruit court qu’il va se faire couronner roi avant son départ. C’est à la Curie de Pompée, qu’ il meurt sous des coups de poignard, victime d’un complot.

C’est un assassinat politique pour restaurer la République aristocratique et empêcher la royauté de renaître. Mais l’opération est mal préparée, l’après César n’est pas prévu. Aussi, le pouvoir reste aux mains des césariens. Devant la colère du peuple, les meurtriers doivent se cacher, s’exiler. Aucun d’eux ne meurt de mort naturelle. Les funérailles de César ont lieu le 20: son corps est exposé sur le Forum, puis incinéré.

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B comme Brutus

Parmi les assassins de César figure le sénateur Marcus Junius Brutus. Il est le neveu de Caton d’Utique et le fils d’une des maîtresses de Jules César, Servilia. Le maître de Rome a pourtant pris sous son aile le jeune Brutus et lui a confié des postes à responsabilité. Intègre s’il participe à la conjuration en 44 av. J.-C., c’est poussé par un idéal républicain. Il est la caution morale du complot. Il se suicide en 42 en Macédoine, après la bataille perdue à Philippes, contre Marc-Antoine -lieutenant de César.

En voyant Brutus et son poignard levé, Jules César aurait prononcé: «Toi aussi, mon fils!». Cette phrase a fait dire à certains qu’il existe un lien de parenté entre les deux hommes et que Brutus est un parricide, à d’autres que «fils» est seulement un terme d’affection.

C comme Cléopâtre

Cléopâtre: gravure de la reine d’Égypte, d’après un médaillon antique. Rue des Archives/Rue des Archives/Tallandier

Jules César rencontre la reine d’Égypte, Cléopâtre (née en décembre 70 ou janvier 69 av. J.-C.) en 48 à Alexandrie. Elle est en conflit avec son frère Ptolémée XIII pour le pouvoir. Lui est puissant. Il est charmé par la jeune femme. Par calcul politique ou animée de sentiments amoureux, elle devient sa maîtresse. Cette relation lui permet de redevenir la seule souveraine de son pays. Ensemble ils ont un fils Césarion Ptolémée, né certainement en 47. Présente à Rome, au moment de la disparition tragique de son protecteur, elle regagne précipitamment son pays avec leur fils.

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D comme Dictateur

Ambitieux Jules César mène une carrière militaire et politique dans le but d’accéder au pouvoir. Et y parvient. Il accumule les titres et les pouvoirs, élimine ses adversaires ou les muselle, place ses proches aux commandes de l’État, s’efforce d’affaiblir le pouvoir des sénateurs et des magistrats. César obtient lui-même des magistratures, dont plusieurs fois la dictature. Cette magistrature extraordinaire, confère -quand l’État est en péril- plus de pouvoirs à son titulaire, pour un temps donné. Or le 14 février 44 av. J.-C. Jules César se fait nommer par le Sénat dictateur à vie (dictator perpetuo). Mais celui qui confisque et concentre à présent tous les pouvoirs soulève inquiétude et mécontentement. Ses jours sont en danger.

Signalons que le titre de dictator perpetuo -tout comme celui d’Imperator, décerné sous la République romaine aux généraux victorieux, que porte César-, ne fait pas de lui un empereur.

E comme Écrivain

Très cultivé, intellectuel, Jules César est aussi un brillant écrivain. Il écrit des poèmes et des recueils de bons mots -qui sont perdus. Il rédige également un traité de grammaire intitulé De analogia et des Commentaires sur la guerre civile.

Mais César -l’auteur- est principalement connu pour ses Commentaires sur la Guerre des Gaules. Il les écrit au moment où ses ennemis font courir des rumeurs sur son compte et qu’il souhaite candidater pour un second consulat, après sa victoire en Gaule. Il y raconte sa campagne, à la troisième personne du singulier, en donnant l’impression d’une certaine neutralité. Mais pour grandir ses succès et accroître ses mérites il n’hésite pas à mentir aussi.

G comme Gaule

Buste en marbre de Jules César (100-44 av. J.-C.). Buste en marbre de Jules César (100-44 av. J.-C.). Bridgeman Images/RDA/Bridgeman Images

César fait le choix de partir à la conquête de la Gaule indépendante pour obtenir la gloire et les richesses -nécessaires à une carrière politique. Les Gaulois deviennent ses ennemis et un tremplin. Ainsi à sa demande, il est nommé proconsul de Gaule cisalpine, de Gaule transalpine et d’Illyrie en 58. Il provoque dans un premier temps la guerre contre les Helvètes. La Gaule indépendante n’est pas une entité unie. Elle est en effet très divisée: une soixantaine de peuples, souvent en conflit les uns avec les autres. Le rapport de force est en faveur de l’immense empire romain. De plus certains Gaulois sont pro-romains. César fait le choix de défaire les peuples les uns après les autres. La guerre des Gaules s’étend de 58 et 51 av. J.-C. Mais César va au-delà de la Gaule: en Bretagne, en Germanie.

P comme Pompée

En 60 av. J.-C. Jules César se rapproche, par intérêt, du général Pompée le Grand (Cnaeus Pompeius Magnuset) et du riche et cupide Marcus Licinius Crassus. Tous trois font une entente privée – dénommée «le triumvirat»– afin de servir leurs intérêts. Entente qu’ils renouvellent en 56. Mais les liens se dénouent avec la mort de Crassus en 53 -vaincu et tué par les Parthes. L’année suivante le Sénat nomme Pompée consul unique, il devient l’homme fort de Rome. César est à cette époque basé en Espagne avec ses légions. La rivalité grandit davantage entre les deux hommes. Inévitablement les alliés d’hier deviennent ennemis et s’opposent pour le pouvoir. Rome connaît alors une guerre civile -de 49 à 45 av. J.-C.

César sort victorieux de cette confrontation: il parvient à s’imposer à Rome. Pompée fuit la ville. En 48, il est écrasé à Pharsale en Thessalie (Grèce) par son rival. Il se réfugie en Égypte où le jeune pharaon Ptolémée XIII le fait assassiner, pour s’attirer les faveurs de César.

V comme Vercingétorix

Vercingétorix (72-46 av. J.-C.) est le chef gaulois qui en 52 permet la constitution d’une coalition imposante autour de lui pour résister à César. Ainsi, ce dernier est confronté pour la première fois à un projet stratégique à l’échelle de la Gaule -même si elle ne concerne pas toute la Gaule- à une vaste révolte.

Dès le début du conflit, le Gaulois se proclame roi des Arvernes. Chef de guerre contre Rome il organise sa propre armée, privilégiant la cavalerie.

Vercingétorix jette ses armes aux pieds de César. Tableau de Lionel Royer, 1899. Vercingétorix jette ses armes aux pieds de César. Tableau de Lionel Royer, 1899. Bridgeman Images/RDA/Bridgeman Images

Doté de qualités militaires, il devient rapidement maître du centre de la Gaule, menaçant la Province romaine. Pour la première fois les Romains doivent évacuer les territoires occupés depuis 58. Vercingétorix met en place la technique de terre brûlée. Il obtient une belle victoire sur César à Gergovie -le Romain doit lever le siège. Mais l’indiscipline de la cavalerie gauloise aboutit au repli dans Alésia -que César assiège avec succès- et à la reddition de Vercingétorix. Cette défaite marque la fin de la guerre et la conquête des Gaules par César.

Le chef arverne est envoyé à Rome. Il passe quelques années en prison, avant d’être exhibé comme trophée lors du triomphe de César en 46 av. J.-C. Il est ensuite étranglé.

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Pour aller plus loin: César chef de Guerre, Yann Le Bohec, Éditions Tallandier, 2005.

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