Affaire Jovenel Moïse: 11 mois après, le mobile du crime reste encore inconnu

Affaire Jovenel Moïse: 11 mois après, le mobile du crime reste encore inconnu

Ce 7 juin 2022 marque le 11e mois depuis que le président Jovenel Moïse a été assassiné dans sa résidence privée à Pèlerin 5. Le pays attend toujours le procès historique d’un dossier qui comporte encore beaucoup de zones d’ombre.

Le président a été tué dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021, selon le rapport de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ). Un peu plus tard dans la journée du 7 juillet, des agents de la police nationale d’Haïti, accompagnés des membres de la population, ont mis la main au collet de certaines personnes accusées d’implication dans le magnicide. Grâce aux auditions des témoins et des informations fournies par des membres de la population, les forces de l’ordre ont pu remonter au lieu où ces derniers se cachaient, depuis le soir du meurtre.

Des étrangers, pour la plupart des anciens soldats colombiens, ont été pointés du doigt. 18 d’entre eux ont été capturés sur une vingtaine de fugitifs. Au cours de cette intervention, l’américain d’origine haïtienne dénommé James Solage, et le pasteur Emmanuel Sanon ont été arrêtés. Ces deux hommes allaient balancer une série de personnages publics haïtiens et étrangers ayant leurs mains trempées dans ce crime crapuleux.

Parmi les personnes dénoncées, l’homme d’affaires Samir Handal, la juge Wendell Coq, l’ancien sénateur John Joël Joseph, le colombien Palacios Palacios, considéré comme l’un des suspects clés dans le magnicide, figuraient sur la liste. Un certain Joseph Felix Badio très connu du paysage politique, pourtant totalement méconnu du grand public, est tenu pour le principal responsable du meurtre. Un ancien repris de justice américaine, dénommé Rodolph Jaar, pour trafic de drogue, travaillant comme informateur pour des agences de renseignement américain, a été également accusé. Les autorités judiciaires ont lancé une dizaine d’avis de recherche.

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Le colombien Palacios Palacios et l’ancien sénateur John Joël Joseph ont été appréhendés à la Jamaïque, puis transféré aux États-Unis. L’homme d’affaires Samir Handal, quant à lui, a été arrêté à Istanbul, Turquie. Il est toujours en détention provisoire en attente d’un procès d’extradition vers Haïti. Rodolph Jaar a été arrêté en République Dominicaine puis extradé vers les États-Unis.

Une quarantaine de personnes ont été arrêtées dans le cadre de ce dossier, dont deux hauts responsables de la sécurité présidentielle, Dimitri Hérard et le commissaire divisionnaire Jean Laguel Civil. Puis une dizaine de policiers haïtiens faisant partie du corps de sécurité du président ont été arrêtés. Par ailleurs, quatre d’entre eux ont été libérés après une ordonnance du juge Gary Orélien.

Des personnes citées dans le crime sont toujours en cavale, la juge Wendell Coq et Joseph Felix Badio. Ils sont activement recherchés par les autorités haïtiennes.

Les présumés criminels qui ont déjà comparu devant la justice américaine ont promis de coopérer avec les autorités américaines autour de ce crime ayant un caractère transnational. Car la compagnie de sécurité CTU qui était chargée de recruter les soldats colombiens à la retraite a son siège dans le sud de la Floride. Le responsable de la firme est Antonio Emmanuel Intriago Valera. Il était apparu sur une photo aux côtés de plusieurs suspects du crime dont le Dr Sanon et James Solage .

En Haïti, à ce jour, au moins cinq juges d’instruction ont été nommées à tour de rôle pour mener cette affaire qui piétine. Pas moins d’une dizaine d’auditions ont été réalisées dans le cadre de ce dossier épineux.

Aux États-Unis, en janvier dernier, le congrès américain a enjoint le Bureau Fédéral d’Investigation (FBI) d’enquêter et de produire un rapport censé fournir une description détaillée des circonstances autour de l’assassinat Jovenel Moïse, en vue de faire la lumière sur ce crime crapuleux, dans un délai ne dépassant pas 90 jours. Plus de 120 jours après l’ordonnance, aucun rapport d’enquête du FBI n’a été rendu public.

Rappelons que quatre jours après l’assassinat de Jovenel Moïse, des agents de FBI ont été dépêchés sur les lieux en vue de l’ouverture d’une enquête internationale. Connaissant la capacité du FBI, son arrivée sur le terrain avait suscité de grands espoirs chez les plus fidèles de Jovenel Moïse. 5 mois après, le FBI n’a toujours présenté aucune conclusion de son enquête.

L’assassinat de Jovenel Moïse garde beaucoup de zones d’ombre. Certains informateurs américains, travaillant pour le FBI et la DEA, seraient impliqués jusqu’au cou dans cette affaire. Des procureurs fédéraux ont ordonné de protéger les documents contenant des preuves sur l’implication présumée des agents des services secrets américains dans l’assassinat de Jovenel Moïse.

Pour des gens avisés, l’arrestation de ces criminels ne sauraient faire oublier les vrais auteurs qui cachent derrière ce crime. Pour eux, ces gens déambulent encore dans les rues en toute quiétude d’esprit.

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