Dossier SOGENER : Dans une Note de presse tripartite, le système réagit face à l’État haïtien

Dossier SOGENER : Dans une Note de presse tripartite, le système réagit face à l’État haïtien

 

Alors qu’un mandat d’amener a été émis contre les responsables de la Société Générale d’Énergie S.A (SOGENER), ce mercredi 27 novembre 2019, dans le cadre du dossier opposant ladite compagnie d’énergie à l’État haïtien, des acteurs du système ont brandit leur glaive défensive.

 

Barbancourt

le rhum des connaisseurs

Déterminé à récupérer les 123 millions de dollars payés indument dans l’exécution des différents contrats d’énergie le liant à la SOGENER, selon les arguments avancés par ses avocats, l’État haïtien se donne les moyens légaux pour y parvenir. Une bataille juridique qui annonce bien des surprises !

 

Après deux convocations du Commissaire du Gouvernement près le Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince, Me Jacques Lafontant, boudées par les dirigeants de la compagnie, ce dernier a donc émis plusieurs mandats d’amener à l’encontre des responsables de la SOGENER et d’autres personnalités pour des faits de « Faux et usage de faux en écriture privée, de surfacturation, enrichissement illicite et d’association de malfaiteurs » punissables par le Code pénal haïtien.

 

Néanmoins, il semble que ces décisions ont  fait de nombreux mécontents dont les organisations patronales qui, dans une note portant les signatures de Frantz Bernard Craan, Geoffrey Handal et Geroges B. Sassine, respectivement Président du Conseil de la Chambre de Commerce et de l’Industrie (CCIH), Président du Conseil de Chambre Franco-Haïtienne de Commerce et de l’Industrie (CFHCI) et Président du Conseil de l’Association Des Industriesdd’Haïti (ADIH), se disent alarmer par la forme que prend la remise en question par l’État haïtien des contrats liant l’EDH à des fournisseurs d’énergie électrique.

 

Si d’un côté la note évoque « Le non-respect des contrats par l’État, l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques, des autorités publiques utilisant des méthodes arbitraires et illégales, sont des signaux non équivoques d’une tentation autoritaire et tyrannie naissante », d’un autre côté l’État haïtien multiplie les actions pour obtenir gain de cause.

 

Vraisemblablement,  les opposants au Président de la République, Jovenel Moïse, emploient de nombreuses stratégies pour essayer de barrer la route aux différentes réformes qu’il compte entamer à commencer par le secteur d’Énergie.

 

Il n’est un secret pour personne que des représentants de ces organisations patronales, parmi lesquels Frantz Bernard Craan, ont été présents aux deux journées de concertation, terminées en queue de poisson, à l’hôtel Marriott, les 8 et 9 novembre 2019, qui pourtant visait une alternative pour l’après Jovenel Moïse dans le cadre d’une transition.

 

Cette double facette de ces personnalités, défendant à la fois les intérêts d’une frange du secteur industriel et d’autres intérêts économiques et politiques, laisse certains observateurs perplexes sur les vrais motifs de cette note émanant de ces organisations syndicales qui veulent aussi la tête du Chef de l’État.

 

Est-ce une transition qui faciliterait au système de se régénérer comme Jovenel Moïse ne cesse de le répéter alors ?

 

De plus, les organisations patronales signataires de la note déclarent : « la société haïtienne ne le tolèrera pas (…)». Sur quelle base ces organisations prétendent-elles parler au nom de toute la société haïtienne ?

 

Tiennent-elles compte des jeunes entrepreneurs rêvant de devenir patrons mais qui connaissent toutes les peines du monde pour obtenir des crédits sur lesquels des maîtres du système ou ses héritiers font mainmise depuis tant d’années ?

 

De toute évidence, il est clair que nous sommes arrivés à une étape où toute la société parvient à démasquer ces maîtres et gardiens du système qui sont motivés par leurs intérêts mesquins au détriment de la République et qui prétendent parler au nom de toute une collectivité.

 

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