Éditorial:Covid-19: insouciance ou insubordination de l’Office National d’Identification

Éditorial:Covid-19: insouciance ou insubordination de l’Office National d’Identification

Malgré la menace de la pandémie du coronavirus et les mesures de distanciation sociale imposées par arrêté présidentiel, au Champ de Mars devant le bureau de l’Office national d’identification des longues files d’attente sont constatées. Sous le soleil, hommes et femmes, surtout des jeunes, serrés l’un contre l’autre, attendent leur tour pour s’inscrire ou se faire livrer la nouvelle carte d’identification. Il suffit qu’une seule personne infectée au Covid-19, projette des gouttelettes respiratoires, pour que les autres soient contaminées. D’où l’interdiction de rassembler plus de 10 personnes en un seul endroit, imposée par l’État afin de casser les chaînes de transmission.

Le vendredi 27 mars, le président Jovenel Moïse a passé des instructions au ministre de la Justice pour l’annulation de la décision prise en date du 31 décembre qui consacrait l’expiration de l’ancienne carte d’identification nationale au 31 mars. Désormais les deux cartes (ancienne et nouvelle) sont valides jusqu’à nouvel ordre. La personne qui avait l’ancienne carte ne doit pas s’empresser d’avoir la nouvelle carte d’identification nationale. Alors, qu’est-ce qui explique cette affluence dans le bureau de l’Office national d’identification (ONI) ? L’insouciance envers les usagers des services publics et les employés est manifeste.

En raison de la décision d’annuler la date d’expiration des anciennes carte d’identité, l’Office national d’identification n’a aucune obligation de fonctionner à plein régime. Pourquoi l’ONI, un bureau qui relève du ministère de la Justice, n’a pas suspendu ses services ou aménagé les files d’attentes en sorte que la mesure de distance sociale d’un mètre 50 puisse être respectée ? Les responsables de l’ONI ne font-ils aucun cas des instructions passées le président de la République? Ce qui serait de l’insubordination.

Les mesures barrières (lavage des mains et distance sociale) imposées en cette période de crise causée par la pandémie du covid-19 sont justifiées par le fait qu’il faut protéger à tout prix la population. Attraper la maladie ou contaminer une autre personne est relativement facile. En République dominicaine, notre plus proche voisin, malgré l’application stricte des mesures de confinement, le nombre de patients testés positifs et le nombre de morts continuent d’augmenter (1 284 cas et 57 morts, mercredi 1er avril 2020). Et dans le monde on compte 905 279 cas de contamination pour un nombre de 45 371. Alors, dans notre pays la prudence doit être de mise notamment dans les institutions d’État.

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