Embargo sur les armes en Iran : Washington durcit le ton après le rejet de la résolution américaine à l’ONU

Embargo sur les armes en Iran : Washington durcit le ton après le rejet de la résolution américaine à l’ONU

Le président Donald Trump, en conférence de presse depuis son golf de Bedminster (New Jersey), le 15 août. SARAH SILBIGER / REUTERS
Humilié dans sa stratégie de lutte contre le nucléaire iranien, le président américain ne compte pas en rester là. Donald Trump s’est dit prêt, samedi 15 août, à recourir à un moyen de riposte controversé pour réimposer de façon unilatérale des sanctions de l’ONU sur Téhéran, après le rejet par le Conseil de sécurité d’une résolution américaine visant à prolonger l’embargo sur les armes en Iran.
Ce dernier arrive à expiration le 18 octobre, selon les termes de la résolution qui a approuvé l’accord international sur le nucléaire iranien de 2015, mais Washington – qui s’est retiré unilatéralement de cet accord en mai 2018 et a imposé de lourdes sanctions à l’Iran – cherche à le prolonger.

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Après le camouflet de vendredi, le locataire de la Maison Blanche a ainsi promis d’avoir recours au snapback, une forme de droit de veto à l’envers. Ce mécanisme, intégré à l’accord de 2015, permet à un Etat participant à l’accord d’obtenir un retour automatique au régime de sanctions internationales contre Téhéran en cas de violation des engagements iraniens. « Vous verrez la semaine prochaine », a prévenu le président américain.
Refus de participer au sommet sur l’Iran

Seuls deux des quinze membres du Conseil ont voté pour la résolution américaine, mettant en exergue les divisions entre Washington et ses alliés européens depuis que les Etats-Unis se sont retirés de l’accord.
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Ce rejet a déjà des répercussions sur l’accord nucléaire iranien : Donald Trump ne participera « probablement pas » au prochain sommet des cinq membres permanents du Conseil de sécurité avec l’Iran proposé par son homologue russe Vladimir Poutine. C’est dans cette configuration dite « 5 + 1 » qu’avait été négocié et conclu avec l’Iran l’accord sur le nucléaire iranien en juillet 2015. « Je pense que nous allons attendre jusqu’à après l’élection », a affirmé M. Trump.
L’Iran a, de son côté, crié victoire après le vote du Conseil de sécurité. « Les Etats-Unis ont échoué dans cette conspiration, humiliés », a déclaré vendredi le président iranien, Hassan Rohani, lors d’une conférence de presse retransmise à la télévision. « A mon avis, ce jour restera dans l’histoire de notre pays et dans l’histoire de la lutte contre l’arrogance mondiale. »
Risque de crise diplomatique à l’ONU

L’hypothèse d’un snapback américain suppose que soit préalablement validé un argument contesté, selon lequel les Etats-Unis sont toujours des « participants » de l’accord nucléaire même s’ils s’en sont retirés, et qu’ils peuvent donc forcer un retour des sanctions s’ils constatent des violations des engagements iraniens.
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Une telle manœuvre, sur la base d’un argument juridique contesté par de nombreux membres du Conseil, risquerait de pousser l’Iran à claquer définitivement la porte de l’accord nucléaire, dont il a déjà commencé à se désengager.
Les détracteurs de la démarche américaine soupçonnent l’administration Trump de vouloir parvenir avant l’élection présidentielle de novembre aux Etats-Unis à cette réimposition controversée des sanctions de l’ONU, au risque de plonger le Conseil dans l’une des pires crises diplomatiques de son histoire.
Le Monde avec AFP Et Haiti24

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