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Grève générale au Brésil, les transports perturbés

Grève générale au Brésil, les transports perturbés

Les transports étaient perturbés vendredi dans des dizaines de villes au Brésil par une grève générale à l’appel des syndicats contre la réforme des retraites, particulièrement à Sao Paulo, première métropole du pays où est prévue en soirée la cérémonie d’ouverture de la Copa America.

Avec les appels à des marches de protestation en fin de journée, le gouvernement de Jair Bolsonaro, en fonction depuis moins de six mois, s’expose à de nouvelles manifestations de masse, après celles des 15 et 30 mai qui avaient fait descendre des centaines de milliers de Brésiliens dans les rues pour défendre l’éducation.

Les syndicats ont appelé les travailleurs à faire grève dans les transports et à bloquer les routes dans toutes les grandes villes pour protester contre la réforme des retraites qui, si elle a été édulcorée pour avoir ses chances de passer au Parlement, reste très impopulaire.

Des manifestations avaient lieu dans plus de 80 villes et 63 villes étaient touchées par des grèves en mi-journée, selon le site G1. Au même moment, les syndicats ont fait état de 45 millions de travailleurs grévistes dans 300 villes de tous les États.

Ils ont aussi rapporté des grèves dans les secteurs pétrolier et bancaire, de même que d’enseignants et d’étudiants, très mobilisés contre les coupes claires dans les budgets de l’éducation.

Le mouvement tombe au plus mal pour le gouvernement dont la cote de popularité a chuté, alors que la Copa America, le tournoi de soccer qui va faire vibrer tout le continent, débute vendredi soir à Sao Paulo avec un match Brésil-Bolivie, en présence du président Bolsonaro.

À Sao Paulo, dans l’après-midi des centaines de manifestants avaient pris possession de la grande avenue Paulista. Une ligne de métro était paralysée et trois autres ne fonctionnaient qu’au ralenti.  

Défilés dans plus de 100 villes

À Salvador de Bahía, seul le métro fonctionnait tandis qu’à Belo Horizonte il était fermé. Dans la capitale Brasilia, à Porto Alegre, ou à Recife les transports marchaient au ralenti.

Dans l’État de Rio de Janeiro, la police a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser des grévistes qui bloquaient la circulation, et des incidents mineurs ont été rapportés à Sao Paulo.

Des routes étaient également bloquées par les protestataires à Curitiba, Florianopilis et Joa Pessoa, selon la presse brésilienne.

Avec la CUT (Centrale Unique des travailleurs), d’autres centrales, comme l’UGT et Força Sindical, ainsi que des syndicats d’étudiants et d’enseignants ont appelé à des défilés en soirée dans plus de 100 villes d’au moins 24 des 27 États du pays.

La réforme des retraites est la clé de voûte de la politique du gouvernement, sous la houlette du ministre de l’Économie Paulo Guedes. Celui-ci a averti d’une catastrophe si le système n’était pas réformé: les caisses de retraites avaient un déficit de 83 milliards d’euros fin 2018 (5,5% du PIB) et la population vieillit vite.

L’avenir de cette réforme est menacé au Congrès, où le parti du président d’extrême droite ne dispose que de 10% des sièges et doit nouer de difficiles alliances pour obtenir la majorité des trois cinquièmes.

Une version édulcorée de la réforme a été présenté jeudi par son rapporteur : elle réduit de 1200 milliards de réais (413 milliards $ CAN) à 900 milliards de réais (310 milliards $ CAN) les économies réalisées pour les coffres de l’État sur 10 ans.  

Le rapporteur a notamment renoncé à des aspects polémiques de la réforme, tel le passage du système actuel par répartition à la retraite par capitalisation. Une décision très mal reçue par Paulo Guedes qui a fustigé «les pressions corporatistes», tandis que le président Bolsonaro estimait qu’«il est naturel de faire des concessions».

«Tout s’arrête»

Mais ces modifications du projet de loi des retraites «ne changent rien», a fait dire par un conseiller de presse le président de la CUT, Vagner Freitas.

«Nous nous attendons à une grande grève», a-t-il ajouté.

À Sao Paulo, les réactions des habitants étaient partagées face au mouvement de grève générale.

«Je suis contre parce que cela paralyse toute la ville, cela porte préjudice aux entreprises commerciales. Quand il y a grève à São Paulo, tout s’arrête», a déclaré Flavio Moreira, qui attendait à un arrêt de bus.

Mais pour Thiago Santos das Anjos, un autre usager, «c’est bien, c’est pour que la situation du peuple s’améliore. Parce que les types au pouvoir, ils ne font que nous voler, et il ne nous reste que les miettes», dit-il.

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