Haïti-Coronavirus: Jusqu’où peut-on compter sur la diaspora ?

Haïti-Coronavirus: Jusqu’où peut-on compter sur la diaspora ?

L’économie haïtienne depuis ces 20 dernières années repose en grande partie sur les transferts de la diaspora. Entre 2000 et 2009 Haïti a reçu  4,6 milliards de dollars de transferts de la diaspora. Et entre 2010 et 2019, le montant des transferts a atteint 19,75 milliards de dollars américains, selon le rapport 2020 de la Banque mondiale, soit le quintuple de la précédente décennie.

Entre autres, selon les dernières statistiques de la Banque de la République d’Haïti (BRH) sur les transferts de la diaspora, plus de 3 milliards de dollars américains ont été transférés de l’étranger vers le pays pour l’année 2018, soit une augmentation de 18 % par rapport à l’année 2017. Et seulement entre octobre 2018 et avril 2019, 1,4 milliard de dollars ont déjà été envoyés en Haïti, dont les montants sont ainsi répartis :
États-Unis : plus d’1 milliard – 71,86%
Chili : 109 millions – 7,04%
Canada : 67,5 millions – 4,40%
France : 55,8 millions – 3,47%
République dominicaine : 42 millions – 2,67%
Brésil : 39 millions – 2,33%

Vu le contexte de confinement dans lequel le monde se trouve à cause du Coronavirus, l’économie haïtienne peut-elle encore miser sur les transferts de la diaspora ?

Ceci s’avérera un coup dur pour la population qui dépend relativement de ces transferts, mais le taux sera considérablement revu à la baisse, car cette crise provoquée par le Coronavirus est plutôt mondiale. Tous les pays sont affectés et les mesures de confinement s’imposent dans presque toutes les grandes villes du monde. En somme, le monde est au renlenti. Seule la survie est essentielle. Ainsi, on peut comprendre que le COVID-19 affecte profondément l’économie du monde.

Barbancourt

le rhum des connaisseurs

Alors, dans un tel contexte, si on se réfère aux précédentes statistiques, le sort de l’économie haïtienne est plutôt douteux. Surtout à un moment où la croissance économique a cédé la place aux luttes pour le pouvoir. Sans compter la baisse de la production nationale qui a accéléré la dépendance de la majeure partie de la population aux transferts de la diaspora.

C’est ce qui justifie qu’entre 2007 et 2016, Haïti arrive en tête de liste dans le top 5 des pays de la région de l’Amérique latine et les Caraïbes où les flux de transferts d’argent ont le plus augmenté, soit de 85.6%, représentant ainsi 25% de son PIB en 2015, selon un rapport publié par le Fonds International de Développement Agricole (FIDA), intitulé « Travailleurs migrants et transferts d’argent : vers la réalisation des Objectifs de développement durable, une famille à la fois ».

Récemment en 2019, la Banque Mondiale a classé Haïti parmi les pays à revenu faible dont elle estime que les transferts étrangers devraient devenir leur première source de financement extérieur. Et le COVID-19 vient justement mettre un point d’interrogation sur cette source de revenus pour l’État haïtien. En somme, cette situation est déjà un nouveau défi économique qui se pointe à l’horizon et auquel l’équipe gouvernementale doit se préparer à faire face.

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