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Rapport PetroCaribe: Un ‘’rapport politique’’ qui sacrifie et protège

Rapport PetroCaribe: Un ‘’rapport politique’’ qui sacrifie et protège
Haïti-Petrocaribe : Un ‘’rapport politique’’ qui sacrifie et protège

Les démentis pleuvent et les preuves contraires parlent fort à chaque sortie des différents ministres épinglés dans le rapport de la Commission sénatoriale chargée de l’approfondissement de l’enquête du fonds PetroCaribe.

Une enquête mal faite à ranger au tiroir de l’oubli
Inutile de lister, exhaustivement, dans ces lignes les erreurs factuelles, contrevérités et faussetés contenues dans le rapport-Beauplan. D’ailleurs, les ministres les ont déjà mentionnées dans leurs réactions officielles pour la vérité et pour l’histoire.

Mais, combien il serait impardonnable et même condamnable de ne pas mettre sous les feux de la rampe des grossières erreurs ‘’volontaires’’ commises par de lourds sénateurs-enquêteurs siégeant dans ‘’l’Assemblée des Sages”. Des erreurs pour lesquelles pourtant des serviteurs de l’Etat devront être poursuivis ou en faire les frais. Comme si prédominait encore “la loi du plus fort”.

Les sénateurs-enquêteurs ont-ils le droit de jouir de leurs erreurs?

Nous nous gardons de ne pas rapporter les démentis formels des proches du Président Jovenel Moïse, le cible réel de la commission, si l’on se fie aux rumeurs grandissantes.

Mais voyons quelques unes de erreurs qui attirent notre attention et font ressortir de très mauvaises intentions:

1-Selon ce que relate Stéphanie Balmir Villedrouin, l’ex-ministre du Tourisme: “Le projet sur la biodiversité avec CHRAD est porté à deux reprises aux pages 521 et 497 alors qu’il n’y a qu’un seul contrat. La commission semble vouloir insinuer qu’il y en aurait eu deux. La commission prétend que les 2% d’acomptes prévus n’ont pas été prélevés. Ceci est une fausseté. Car ces 2% ont bien été prélevés (CF. Copie des chèques disponibles BRH# 9022, #10625,#11444)”. Incroyable!
2- Quant à Jacques Gabriel, ancien ministre TPTC:”A la page 112 du rapport de la commission présidé par Beauplan, celle-ci relaye “In extenso” cette conclusion: “le projet de réhabilitation de la route de Miragoâne/Petite Rivière de Nippes. L’état d’avancement de 80% indiqué par la commission est faux. Ce projet est terminé et le certificat de réception définitive a été émis le 22 février 2016 réf MTPTC et la firme de construction” Pas possible!
3-En ce qui concerne l’ancien ministre de la PCE, Jean Max Bellerive:”le rapport modifie allègrement les montants affectés à des projets par la résolution. A titre d’illustration, pour le projet Travaux complémentaires Puilboreaux et Marmelade, 5 769 083$ us étaient prévus. Dans le rapport n’apparaissent que 3 735 711$ us”. Quelle absurdité!
4-Que dire de l’ex ministre de la PCE, Laurent Salvador Lamothe. “Fatigué d’apporter des explications, précisions et rectification, son Bureau politique passe de la parole aux actes en allant sur le terrain en compagnie des techniciens et journalistes avisés pour désapprouver de manière palpable les accusations portées contre lui à la page 362 concernant les 17 kms routes Colladère/Cerca-Cavajal”. Quelle preuve! Des erreurs qui font rire à n’en plus finir, s’il faut rire du malheur.

Des opposants s’y opposent

1- l’ex-Directeur Général du MAST, opposant farouche du régime Tèt Kale, ne fait pas de solidarité dans le mal, selon plusieurs observateurs. Le patron du parti politique Ayisyen pou Ayiti a dénoncé avec véhémence le côté trop partisan du rapport tout en proposant une commission d’enquête indépendante et au-dessus de tout soupçon afin que la lumière sois faite réellement sur ce dossier. Car, selon les mots de l’ancien député du Parti Fanmi Lavalas: “Voleur crie ô voleur!”
2-Antoine Rodon Bien-Aimé, député de la République, dissident de PHTK, a lui aussi crié au scandale en se rendant sur la route de Colladère/Cerca-Cavajal, sa terre natale, pour la vérification du bien fondé des accusations du rapport avant de déclarer : ‘’les sénateurs-enquêteurs font fausse route. Les 17 kms de routes sont effectifs.

Ce que le rapport ne rapporte pas

1-Tous les ministres de l’Administration de Privert ont été exemptés tranquillement par la commission d’enquête. Pourtant ils ont géré une enveloppe de 33 millions de dollars du fond PetroCaribe provenant de la quatorzième résolution.
2-Dans les 80 millions de dollars qui devaient être versés au Venezuela pour le paiement de la dette PetroCaribe, pas un centime n’est versé depuis mars 2016.
3- les 2% d’acomptes pour lesquels ils veulent livrer les ministres en pâture sont tirés automatiquement par le ministère des finances.
4-Le montant de 37 000 gourdes pour la vente de lampadaires par la compagnie du Président Jovenel Moïse n’est qu’une pure invention de la commission, d’après le porte-parolat de la Présidence.
Fort de tout cela, il n’y a-t-il pas lieu de croire aux déclarations du Sénateur Onondieu Louis selon lesquelles “ce rapport a été préparé dans le laboratoire Privert entre un groupe de petits copains et coquins…’’.

Au temple de Thémis ou sous l’Hôtel sacré de la Justice, un tel rapport qui sacrifie allègrement des ‘’ennemis politiques choisis’’ et protège délibérément des partisans ne devrait-il pas être vu comme un sacrilège?

PIERRE  FREDO

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