« il y a eu bavures à Grand Ravine », dixit Jack Guy Lafontant

« il y a eu bavures à Grand Ravine », dixit Jack Guy Lafontant

La commission Justice, Sécurité et Défense nationale du Sénat a reçu le lundi 20 novembre 2017, les membres du Conseil Supérieur de la Police nationale d’Haïti. »

Au centre des discussions : le dossier relatif à l’opération policière meurtrière à Grand-Ravine, survenue le 13 novembre dernier.

Lors de cette rencontre, toutes les parties ont admis qu’il y a eu une discordance au sein du haut commandement de la PNH qui serait à la base de ce carnage.

Bavure, intervention défaillante, opération qui a tourné au dérapage, sont entre autres termes utilisés par les responsables pour qualifier l’opération menée à Grand Ravine la semaine écoulée.

Barbancourt

le rhum des connaisseurs

En sa qualité de président du Conseil supérieur de la police nationale, le Premier ministre Jack Guy Lafontant devrait avoir son mot à dire, pourtant il s’est lavé les mains dans cette affaire.

Jack Guy Lafontant s’esquive en soulignant que le CSPN ne s’occupe que de la ligne stratégique de la PNH et non des différentes opérations sur le terrain.

Il argumente: » le CSPN a plutôt un rôle stratégique, il n’est pas dans les opérations ».

Selon lui, cette structure ne se réunit à l’ordinaire que deux fois annuellement et qu’en session extraordinaire, elle se réunit sur demande de trois de ses cinq membres.

Ceci le conduit à indiquer « qu’une opération de cette envergure n’est pas planifiée au niveau du CSPN mais par les responsables policiers du département en question, c’est-à-dire, ceux de la DDO.

Le directeur général de la PNH Michel-Ange Gédéon va droit au but.

 »L’opération a été planifiée entre la direction départementale de l’Ouest et la Minujusth », a confié le DG de la PNH à la question de savoir si la direction générale a été impliquée dans l’opération.

Loin de vouloir vendre la mèche, M. Gédéon avance que tout, comme la présence d’un juge de paix, a été mis en place afin de « bien faire les choses ».

Le nœud est que des « imprévus se sont glissés dans l’opération ».

Face à ces impondérables, des ordres ont été donnés pour arrêter l’opération, ce qui n’a pas été fait et ça a conduit au dérapage.

Aujourd’hui, une enquête administrative est en cours au sein de la PNH afin de sanctionner les coupables qui ont fait la sourde oreille.

Le directeur de la PNH n’a pas explicitement nié son implication dans la débâcle du 13 novembre mais le sénateur du Nord-Est Ronald Larêche, n’a pas laissé passer cette occasion pour cracher la vérité aux visages des friands journalistes qui alternent questions et relances face à la langue de bois, à la prudence des autorités.

Selon lui, « le directeur général n’était impliqué ni dans la planification ni dans l’opération ».

Il avance que son constat lui montre qu’au niveau de la PNH il y a un désordre dans la chaîne de commandement. »

Comment voulez-vous que 260 policiers soient engagés dans une opération à l’insu du directeur général de l’institution?

Dans ce cas, la DDO doit assumer sa responsabilité », estime le sénateur avant d’enfoncer le couteau dans la plaie en soulignant:  » Au sein de la PNH, la DDO et la DCPA commandent une équipe et le DG contrôle une autre équipe à l’opposé ».

 

Selon les chiffres du directeur général de la PNH, corroborés par le président de la commission Jean Renel Sénatus, l’opération, qui a mobilisé 260 policiers, s’est soldée par la mort de 8 citoyens, 2 policiers et aucun bandit identifié n’a été stoppé.

 

Aucune arme n’a été saisie par l’armada qui a plutôt perdu  » un fusil automatique de calibre M4″, a confié Michel-Ange Gédéon, indiquant que cette arme avait été confiée à l’un des policiers décédés et que des bandits ont eu le temps de la récupérer.

Perspectives

 » Des enquêtes sont en cours », annonce le Premier ministre promettant assurant que cette fois la fameuse formule de marronnage :  » l’enquête se poursuit », ne s’appliquera pas.

Il indique que les résultats de l’enquête policière sur la question seront publiées d’ici le mercredi 21 novembre et que des sanctions seront prises contre les responsables de ce carnage ayant coûté la vie à 10 individus, dont deux policiers, selon les chiffres officialisés.

Encore plus catégorique que le président du CSPN, le directeur de la PNH Miche-Ange Gédéon souligne que l’inspection générale a été, dès les premières heures ayant suivi l’opération, instruite à diligenter une enquête administrative pour fixer les responsabilités dans le cadre de ce dossier.

Aujourd’hui, il se dit satisfait des résultats obtenus au fur et à mesure que les jours passent.

 

Le DG se veut peu loquace pour ne pas biaiser l’enquête qui est à sa dernière phase mais rien ne l’empêche d’annoncer que des  » changements sont en cours au sein de la PNH ».

Des mesures administratives qui seront suivies de sanctions pénales, assure le chef de la police.

Laissez un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués avec *