» La liberté d’expression en danger en Haïti « , selon des citoyens

 » La liberté d’expression en danger en Haïti « , selon des citoyens

Le centre Pen Haïti, une association d’écrivains et de journalistes, a organisé, ce dimanche 1er novembre, en ses locaux à Delmas 75 une causerie autour du thème : « Liberté d’expression en Haïti. Liberté en danger », pour commémorer la journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes. L’écrivain Lyonel Trouillot, la militante des droits de l’homme, Colette Lespinasse et le journaliste Hérold Jean François sont les panélistes qui ont conduit le débat.


 
Depuis la chute des Duvalier, on assiste à une explosion de la parole en Haïti, a fait remarquer d’entrée de jeu le journaliste Hérold Jean- François. Pour lui, durant les 34 dernières années qui marquent la période de transition démocratique Haïti vit «  d’une belle jouissance de liberté d’expression ». Cependant, M. Jean François a signalé que la liberté d’expression n’est pas un acquis définitif dans aucun pays du monde, rappelant que le président Jovenel Moise, une fois au pouvoir a fait voter une loi sur la diffamation visant à « museler la presse ».

L’écrivain Lyonel Trouillot n’y va pas avec le dos de la cuillère. La liberté d’expression est sous la menace en Haïti, a-t-il dit en décrivant une atmosphère sombre constatée dans le pays où les individus s’autocensurent, ceux issus des quartiers populaires ont plus de mal à s’exprimer sur la situation politique du pays. 

Barbancourt

le rhum des connaisseurs

« C’est une chose plus grave que la répression exercée sur un individu » a-t-il dit.

« Aujourd’hui, il est plus difficile pour un individu de critiquer le pouvoir comme il pouvait le faire il y a un an. Nous sommes confrontées à un pouvoir qui, pour chercher le consentement, utilise la corruption et la répression », a poursuivi monsieur Trouillot avant d’ajouter que de nombreuses répressions ont été commises dans les quartiers populaires.

La répression au même titre que l’impunité est un outil visant à brimer la  liberté d’expression, a corroboré Colette Lespinasse, militante de droits humains qui a souligné d’autres facteurs, selon elle, qui entravent la liberté d’expression en Haïti notamment l’exclusion de certaines catégories sociales dans les médias. Des groupes sociaux sont effacés dans les medias. Madame Lespinasse a manifesté ses inquiétudes par rapport à ce constat, car pour elle, la liberté d’expression est garantie lorsqu’il y a une diversité de catégories sociales qui ont accès aux médias. Or aujourd’hui, fait-elle remarquer , la paysannerie n’a pas la parole dans les médias, les femmes sont peu poussées vers l’avant dans les débats politiques. De son avis, ce sont des choses à corriger pour asseoir la liberté d’expression en Haïti.

Après l’intervention des panélistes, le micro était ouvert au public pour recueillir des témoignages, des séances de lecture de poèmes ont ponctué l’événement. Pour clôturer cette soirée en mémoire des journalistes et des écrivains assassinés, une marche aux chandelles a lieu pour dire non à l’impunité qui règne en Haïti. 

Soulignons que l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté, en décembre 2013, une résolution intitulée « La sécurité des journalistes et la question de l’impunité » qui a proclamé la date du 2 novembre la « Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre des journalistes. Cette résolution vise à encourager les États membres à prendre des mesures précises pour combattre la culture actuelle de l’impunité.

Dans le dernier rapport de Reporters sans frontières (RSF), qui évalue chaque année la situation du journalisme, Haïti a chuté. Le pays est passé de la 62e à la 83e place. Dans ce rapport, Reporters sans frontières (RSF) a dressé un tableau sombre tableau de la situation de la presse en Haïti, indiquant que  » les journalistes haïtiens sont particulièrement vulnérables et régulièrement pris pour cible lors des manifestations « .
 

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