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L’opérationnalisation des fermes agricoles de l’État, un impératif pour la relance effective de l’agriculture !

L’opérationnalisation des fermes agricoles de l’État, un impératif pour la relance effective de l’agriculture !

Haïti comptait, sous le règne des Duvaliers, pas moins de quarante-quatre (44) fermes agricoles opérationnelles. Néanmoins, moins d’une dizaine fonctionnent au ralenti actuellement : la ferme agricole de Savane Zombi (Thiotte, département du Sud-Est), de Babouin (Plaine du Cul-de-Sac), Grand Pré (zone Milot dans le département du Nord), de Dausmont (Ouanaminthe), ainsi que celle de Lévy à Camp-Perrin (là où est construit le Centre de Germoplasme du Sud). À cette fin, pour une relance effective de l’agriculture, l’État doit donner le ton, à travers son organisme, le ministère de l’agriculture, des Ressources naturelles et du développement rural (MARNDR). Donc, il est incontournable de remobiliser les fermes agricoles de l’État…

Avec une contribution tournée autour de 20 % environ du PIB durant ces dernières années, l’agriculture haïtienne est en décrépitude. Pour corroborer, l’on peut citer sa faible contribution au PIB. D’aucuns pensent que l’État doit, via ses structures spécifiques, donner le ton en mettant en branle toutes activités jadis réalisées dans les fermes agricoles qui se trouvent placées dans différents points à travers le pays. Ce qui va, selon plus d’un, contribuer à la redynamisation du secteur agricole.

De prime abord, est défini comme ferme agricole, toute exploitation, quel que soit le statut de l’exploitant, propriétaire ou locataire. De manière spécifique, une ferme agricole désigne les bâtiments d’exploitation abritant les machines agricoles, les cheptels animaliers, les produits agricoles et l’habitat. Dépendamment de la zone agroécologique, une ferme agricole peut avoir une activité diversifiée (polyculture–élevage) ou plus ou moins spécialisée dans des domaines comme la céréaliculture, viticulture, arboriculture fruitière, maraîchage ou l’horticulture, etc).

À l’époque où les fermes agricoles fonctionnaient dans la normalité, les plus grandes ont été celles de l’élevage, elles se situent à Papaye. Suivent celles de Biligi à Maïssade près de Hinche. S’il existe de grandes fermes agricoles, il y a aussi des micros fermes. Et, la surface d’une ferme dépend de sa vocation.

Les vrais rôles des fermes agricoles de l’État

Les fermes agricoles de l’État ont une double mission. Il s’agit, primo de la recherche dans les différents sous-secteurs agricoles. Secundo, de la production de semences de base pour les exploitants agricoles. Mais, depuis le déclin de ces dernières, elles ne s’impliquent pas dans la production de semences de base. À cet effet, l’implication de l’État dans la recherche, la production de semences, par exemple, dont le planteur aura besoin, permettra à l’ensemble des producteurs agricoles de trouver des semences de qualité pour pouvoir faire le semis. Ce qui, par la suite, conduira à une agriculture florissante. Aussi bien, il ne saurait y avoir développement agricole sans la recherche y relatif.

Dans la même veine, l’ex-ministre de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du développement rural (MARNDR), Carmel André Béliard, avait annoncé, il y a pratiquement un an, lors son installation à la tête de l’institution agricole, la mise en opération des fermes agricoles de l’État délaissées trop longtemps. Des promesses non tenues, bien qu’il ait été licencié par l’administration Moïse/Lafontant à la tête de l’institution agricole. Cependant, toujours pas de signaux clairs de la part des autorités concernées pour la réorganisation des fermes agricoles abandonnées sans explications aucunes. Plusieurs cas de figure peuvent se présenter : absence de programme, peut-être ; ou encore problèmes de financement, ou tout simplement aucune velléité des autorités pour remettre les fermes agricoles de l’État sur leur rail.

Tout compte fait, pour que le secteur agricole soit en marche effectivement, les planteurs doivent avoir du matériel de qualité et des outils pour tout le cycle de production. Tout cela est conditionné par la recherche et la multiplication de semences de base. La problématique de la mise en branle des fermes agricoles de l’État doit interpeller tout un chacun : les autorités concernées, la société civile organisée, les coopératives et association agricoles, les exploitants agricoles, entre autres.

En définitive, la redynamisation du secteur agricole est fondamentale pour lutter contre l’insécurité alimentaire, permettre une autosuffisance alimentaire. Pour y parvenir, il faut éviter du saupoudrage dans les actions, mais de définir de véritables politiques agricoles liées au contexte actuel du pays, ce, au bénéfice de la population.

Sauvons les fermes agricoles de l’État…!

Therno N. A. Senelus

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