Quand Octave Mirbeau écrivait dans Le Figaro: «Plus l’art s’abaisse, plus le comédien monte»

Quand Octave Mirbeau écrivait dans Le Figaro: «Plus l’art s’abaisse, plus le comédien monte»

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LES ARCHIVES DU FIGARO – En août 1882, Le Figaro accueille dans ses colonnes un journaliste nommé Octave Mirbeau. Celui-ci n’est pas encore l’auteur du Journal d’une femme de chambre, ni l’ardent promoteur de Maeterlinck ou Rémy de Gourmont. Mais c’est déjà un tempérament vigoureux. Témoin la chronique retentissante qu’il publie deux mois après son arrivée sur le comédien, c’est-à-dire le vedettariat, tendance qu’il juge significative de la déchéance de l’art dramatique. Cet article lui vaudra une disgrâce de plusieurs années.


Octave Mirbeau. Archives-Zephyr/©Archives-Zephyr/Leemage

Aujourd’hui où l’on ne s’intéresse plus à rien, on s’intéresse au comédien. Il a le don de passionner les curiosités en un temps où l’on ne se passionne plus pourtant ni pour un homme, ni pour une idée. Depuis le prince de maison royale qui le visite dans sa loge jusqu’au voyou qui, les yeux béants, s’écrase le nez aux vitrines des marchands de photographies, tout le monde, en chœur, chante la gloire du comédien. Alors qu’un artiste ou qu’un écrivain met vingt ans de travail, de misère et de génie à sortir de la foule, lui, en un seul soir de grimaces, a conquis la terre. Il y promène, en roi absolu, au bruit des acclamations, sa face grimée et flétrie par le fard ; il y étale ses costumes de carnaval et ses impudentes fatuités. Et, de fait, il est roi, le comédien.

Barbancourt

le rhum des connaisseurs

Avec le bois pourri de ses tréteaux il s’est bâti un trône, ou plutôt le public – ce public de décadents que nous sommes lui a bâti un trône. Et il s’y pavane, insolent ; il s’y vautre, stupide, se faisant un sceptre du bec usé

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