Quelle démocratie les États-Unis veulent-ils pour les pays de la région ?

Quelle démocratie les États-Unis veulent-ils pour les pays de la région ?

Vis-à-vis des pays de la région, notamment Haïti, Venezuela et Cuba, les Américains affichent un cynisme qui contraste nettement avec la démocratie en application dans leur pays. En effet, les Administrations américaines se succèdent, mais la politique intérieure reste inchangée ; du moins vis-à-vis des « petits pays ».

Des positions récentes adoptées par l’Administration Biden sont loin, très très loin de la Démocratie tant dans sa forme que dans son esprit. Au Sommet des Amériques qui s’est tenu du 6 au 10 juin 2022, les États-Unis ont exclu le Venezuela et Cuba qu’ils jugent non-démocratiques. Pourtant, le tapis rouge a été déroulé pour le Premier ministre haïtien, Ariel Henry, un « non élu », dirigeant d’un pays où les institutions régaliennes (Parlement, Judiciaire) sont bancales, ou tout carrément inexistantes et où les gangs armés sont Rois.

Barbancourt

le rhum des connaisseurs

De plus, comme le Républicain Donald Trump, l’actuel président américain, Joe Biden, continue d’afficher un soutien indéfectible à l’autoproclamé président du Venezuela, Juan Guaidó. Mais, pour les besoins de leurs propres causes, les États-Unis s’étaient retournés vers Nicolas Maduro au lendemain de l’éclatement de la guerre russo-ukrainienne, question de trouver de nouvelles sources de pétrole. Tout compte fait, la politique intérieure de l’Oncle Sam vis-à-vis du pays de Hugo Chavez n’est qu’une affaire d’intérêts proprement américains.

Toujours en ce qui concerne Haïti, aujourd’hui il est bruit que les États-Unis, instigateurs de premier ordre du « coup d’État de 2004 », voudraient s’appuyer sur Jean-Bertrand Aristide en vue de le propulser à la tête du pays, rien que pour mettre à mal la France qui aurait corrigé son regard sur Moscou. Porter au pouvoir l’ancien prêtre pour qu’il puisse formuler une demande formelle de restitution et de réparation à la France, en ce qui concerne la « fameuse dette de l’Indépendance », tel est le petit jeu de malin dans lequel l’Oncle Sam se serait engagé pour punir l’Administration Macron pour avoir décidé de ne plus le suivre aveuglément dans sa politique anti-Poutine.

Tout compte fait, la logique diplomatique voulant que les pays n’aient pas d’amis mais que des intérêts, s’applique parfaitement aux Etats-Unis beaucoup plus que tout autre pays de la planète. Comme si la démocratie américaine était une « chose beaucoup trop précieuse » pour être appliquée dans les autres, les États-Unis imposent à la région une caricature de démocratie qui la rend improductive à tous les niveaux (politique, économique, social et culturel). Ce qui, du coup, fait des États-Unis le mal nécessaire, voire le dernier recours vers lequel se retourneront toujours les dirigeants des « petits pays ».

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  • Antoine Langomier
    12 juin 2022, 00:02

    La democratie a ses normes, et non une question d’interets pour le president Manuel Lopez Obrador. C’est ce qui l’avait pousse’ a’ bouder le Sommet des Ameriques. Il protestait contre la politique deux poids et deux mesures de son grand voisin.

    De plus en plus, les peuples ne sont pas en reste, ils comprennent du bout des doigts le fonctionnement de notre monde. Et l’editorial tombe a’ point nomme’!

    Depuis des lustres, kafe demokrasi ap koule avek anpil ma. Les peuples ont besoin des leaders intelligents et patriotes pour etre a’ la tete de leurs pays. Dans le cas contraire, se kay madanm Victor peyi tankou ap we gres yo…

    OQHI

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