Suppression proposée du MCFDF: des féministes sortent de leur gongs

Suppression proposée du MCFDF: des féministes sortent de leur gongs

Marie Laurence Jocelyn Lassègue, ex-ministre à la condition féminine et aux droits des femmes, Pascal Solages, membre-fondatrice de Nègès Mawon, Nancy Roc sont entre autres féministes qui sont montés au créneau pour dénoncer la proposition faite par le député de Grand-Goâve, Jean Marcel Lumérant au Premier ministre nommé, Jean Henry Céant de supprimer le ministère à la Condition féminine et aux droits des femmes.

L’élu de Grand-goâve a fait cette proposition au Premier ministre nommé dans le cadre des rencontres programmées avec certains secteurs en perspective de la ratification de la déclaration de sa politique générale.

Mardi soir, lors d’une rencontre avec des membres du bloc minoritaire, des parlementaires ont proposé au notaire de réduire le nombre des ministères de 18 à 15.

Parmi les ministères ciblés se trouve celui à la Condition féminine et aux droits des femmes.

Barbancourt

le rhum des connaisseurs

Les féniministes ont piqué une crise de colère à l’annonce de la nouvelle.

 »Twòp gason e twòp volè ak matchist deja tout patou nan Repiblik la. e nan chamb @deputeshaitiens !!! Sel ministè nou gayen ou bezwen pran’l tou ? @garybodeau #predatè #sanwont #Ayiti #mizojin », lit-on dans un tweet de Nancy Roc.

« On ne touche pas au ministère à la Condition Féminine », a tweeté l’une des féministes.

« On n’a pas précisé les quatre ministères à supprimer. Mais plus d’un comprend aujourd’hui qu ‘il y a urgence d’augmenter l’assiette fiscale du pays. […] Je crois qu’associer le ministère des Haïtiens vivant à l’étranger au ministère des Affaires Étrangères comme une direction, rattacher le ministère à la Condition Féminine dans le cadre d’une autre gestion de ressources au niveau du ministère des Affaires Sociales, ça ne fera pas de tort à la République», justifie Jean Marcel Lumérant.

Marie Laurence Jocelyn Lassègue, ex-ministre sous l’Administration Préval, qui aujourd’hui encore poursuit son combat pour le respect de cette catégorie est sortie de son mutisme.

« On ne saurait penser à rattacher le MCFDF aux Affaires sociales car ces deux entités étatiques sont différentes ».

Ce ministère, dit-elle, définit la politique de l’État en matière d’égalité homme-femme; il joue un rôle important dans la défense des intérêts stratégiques des petites filles, a martelé la féministe qui croit fermement que les parlementaires minimisent cette institution combien importante.

 »Ce ministère doit prendre en compte les besoins spécifiques des femmes après les avoir identifiés.

Il doit, en outre, œuvrer pour la déféminisation du chômage, de la pauvreté. Mettre une structure pour forcer la machine étatique à respecter le quota d’au moins 50% dans l’Administration publique », a précisé Manlolo.

La féministe, de préférence, appelle l’État à fournir à ce ministère plus de moyens financiers pour mener sa mission à bien:  »On ne touche pas au ministère à la Condition Féminine », clame-t-elle ajoutant effectivement que les moyens manquent, mais que les résultats sont là.

La suppression du MCFDF, cautère sur jambe de bois

Pascale Solages, figure enblématique dans la lutte menée en faveur des femmes, estime que ce problème doit être posé en profondeur.

On ne peut apporter des solutions cosmétiques à des problèmes fondamentaux, dit-elle.

« Le budget du MCFDF représente 1% du budget national, ce n’est pas cette somme qui devrait adresser les problèmes de santé, d’éducation, de pauvreté, de violences, d’exclusion spécifique à laquelle fait face la moitié de la population haïtienne », poursuit P. Solages qui dit regretter qu’à chaque crise sociale aigüe, on envisage la fermeture du MCFDF qui, selon elle, est un acquis des luttes féministes et des revendications de femmes.

Elle rappelle au passage que cette institution se donne pour mission d’adresser les problèmes spécifiques des Femmes de la population à la transversalité du genre.

Projet de loi de finances 2018-2019… Voyons les ministères cités:
Condition Féminine et aux Droits des Femmes: 0.1%
Haïtiens vivant à l’étranger: 0.1%
Sport: 0.6%
Culture:0.8%
Pito yo grate kote ki grate yo ttttcccchhhuuuuiiiipppsss!!!😒😒😒…

— Pascale Solages (@PascaleSolages) 17 août 2018.

C’est illogique de penser à intégrer le ministère à la Condition Féminine au ministère des Affaires Sociales, de l’avis de Pascale Solages qui se pose ces questions: «Quels sont les résultats de ce ministère qui pense pouvoir résoudre toutes les problématiques adressées par le MCFDF et quel est son bilan ? Quel est son état de gestion et pourquoi pense-t-on que l’un pourra engloutir l’autre?

Pour finir madame Solages souhaite inviter l’État haïtien à adresser le problème dans son fond dans le but de rationnaliser les dépenses publiques, augmenter les recettes fiscales.

 »Ce n’est pas le nombre de ministères qui importe principalement, ce sont les pratiques de corruption et de gaspillage des ressources au sein de l’Administration publique », conclut-elle.

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