Uber Eats en Italie visé par une enquête pour exploitation des livreurs à vélo

Uber Eats en Italie visé par une enquête pour exploitation des livreurs à vélo

Publié le : 16/10/2020 – 23:47

C’est ce samedi 17 octobre la journée internationale pour l’élimination de la pauvreté. Hasard du calendrier, on a appris cette semaine qu’une responsable d’Uber Italy, filiale du colosse américain, et neuf autres personnes, sont visées par une enquête pour exploitation des livreurs à domicile et infractions fiscales.

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Selon l’acte d’accusation, certains des mis en cause auraient « profité de l’état de nécessité des travailleurs », notamment des migrants venant du Mali, du Nigeria ou encore de Côte d’Ivoire.

Certains livreurs à vélo n’auraient pas été engagés directement par Uber Eats, mais par des entreprises intermédiaires avec des méthodes de rémunération qualifiées « d’exploitation », relate Mario Grasso, responsable du syndicat Uiltucs. « Ils étaient payés à la tâche, 3 euros par livraison. On leur a volé les pourboires et ils étaient punis s’ils ne faisaient pas de courses. »

Uber Italy, qui souligne ne pas être visé comme personne morale, assure vouloir combattre toute forme d’intermédiation illégale.  

Pour mieux encadrer le travail des livreurs, une loi a été votée l’an dernier. Pour autant, les cyclistes ne nourissent pas d’espoir en raison de la signature récente d’un accord contesté entre les plateformes et un syndicat. « Cet accord laissera la situation quasiment inchangée. La loi fixait un tarif horaire alors que l’accord a réintroduit le paiement à la tâche », estime Mario Grasso.

Des manifestations ont été organisées dans différentes villes, comme à Bologne ce samedi, où Lorenzo Righi réclame entre autres que les livreurs soient reconnus comme salariés : « Actuellement, si on travaille souvent, on arrive à gagner entre cinq et six euros de l’heure, même cela pourrait encore baisser avec l’accord pirate. Alors qu’en étant salarié, on pourrait être payé sur une base de 7 ou 8 euros nets. »

Le syndicat Uiltucs se prépare avec des livreurs à contester le nouvel accord en justice.

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