À la Une: 30 milliards…

À la Une: 30 milliards…

Publié le : 13/10/2021 – 09:46

« 30 milliards pour l’industrie française », s’exclame L’Alsace.

« 30 milliards pour innover », lance Le Républicain Lorrain.

« L’homme qui voulait 30 milliards », ironise Le Dauphiné.

Barbancourt

le rhum des connaisseurs

C’est « le pari industriel de Macron pour la France de 2030 », précisent Les Echos.

« C’est un clip d’une minute quinze, relate le quotidien économique, qui convoque à la fois le Concorde, le TGV et toute la nostalgie des Trente Glorieuses, mais aussi l’imaginaire techno-optimiste du nouveau siècle. Le nouveau plan d’investissements de l’exécutif ‘France 2030’ a eu droit hier à un mini-film pour sa présentation en grande pompe sous les ors de l’Elysée, et on aurait juré qu’il avait été commandé pour illustrer la campagne d’Emmanuel Macron en 2022. ‘Nous croyons au progrès, celui-ci doit être mis au service de l’humanisme’, a plaidé le chef de l’Etat pour justifier ce nouveau grand plan d’envergure de 30 milliards d’euros sur cinq ans, qui n’hésite pas à arroser large. »

En effet, précise Libération, « mini-réacteurs nucléaires, hydrogène, avions bas carbone, le président a déroulé hier un inventaire technologique à la Prévert axé sur la transition énergétique et numérique. »

Un nouveau souffle… électoral ?

« Après presque deux années d’une crise sans précédent, le pays a effectivement besoin d’un nouveau souffle, approuvent Les Dernières Nouvelles d’Alsace. (…) La pandémie a montré à quel point les Etats avaient abîmé leurs défenses immunitaires, devenant vulnérables et dépendants. Il s’agit de les rebooster en créant un choc de compétitivité en injectant de l’argent, beaucoup d’argent. (…) Axé comme il se doit sur la promotion des champions de la nouvelle économie puisqu’il aurait été moins crédible de prétendre rouvrir les aciéries de Lorraine et les mines de charbon du Nord, il vient renouer avec le projet de ‘start-up nation’ lancé il y a cinq ans et plombé par le Covid. Une façon pour le président de la République de remettre ses pas dans ceux du candidat Macron. »

Ce qui fait dire à L’Humanité qu’il y a là une « confusion des genres » : « président et candidat. (…) Emmanuel Macron joue celui qui gouvernera jusqu’au bout et fait des annonces à tout-va. Objectif, pointe le quotidien communiste : profiter du costume du présidentiel pour être dans le registre de l’action, pendant que ses oppositions se déchirent. »

Squid Game : la série sud-coréenne qui explose tout

A lire dans Libération, ce dossier d’ouverture sur la série-phénomène du moment : Squid Game… qui explose les records d’audience dans le monde…

« Série fais-moi peur », titre joliment Libération. En effet, pointe le journal, « dans Squid Game, les cœurs se soulèvent. L’esprit est aux giclées de sang et aux twists tordus. Dans un cadre dérangeant, mêlant horreur et références enfantines, des protagonistes en survêtements fleurant bon l’univers carcéral ou totalitaire se retrouvent embarqués dans des péripéties perverses. Pour payer leurs dettes ou aider leur famille, tous ont besoin d’argent, désespérément. Au point de participer à un tournoi de jeux mortels. Deux issues possibles : être le dernier à survivre et remporter des milliards ou mourir. »

Un « tract de gauche » ?

Alors s’interroge Libération, « qu’est-ce qui fait de cette énième dystopie un succès planétaire ? L’extrême violence ? La référence aux camps d’extermination ? L’aspect régressif des jeux de cour de récré ? La culture sud-coréenne ? La puissance de Netflix qui nous ferait tout avaler ? Non. Le truc, c’est l’argent, affirme Libé. Son pouvoir et les malheurs qu’il cause. L’anxiété de ne plus en avoir dans un monde covidé où les milliardaires se frottent les mains. L’angoisse de finir endettés comme les personnages de la série alors que le prix du gazole n’a jamais été aussi élevé en France. Squid Game est le parfait produit anticapitaliste de l’époque avec ce qu’il faut de théorie du complot en arrière-fond. Sans oublier la couche de nihilisme apocalyptique. Mais on peut aussi décider d’en avoir une lecture plus optimiste, estime encore Libération : qui parle des dangers de l’endettement au plus grand nombre en 2021 ? Un candidat à la présidentielle ? Non, Squid Game. Du partage des richesses ? Squid Game. De l’extrême précarité qui met en péril l’idée même d’un choix démocratique ? Toujours Squid Game. » Bref, conclut Libé, « on ne l’avait pas vu venir ce tract de gauche sur Netflix. »

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