À l’ONU, Raina Forbin vend une Haïti que les Haïtiens ne reconnaissent pas

À l’ONU, Raina Forbin vend une Haïti que les Haïtiens ne reconnaissent pas

Les déclarations de la ministre des Affaires étrangères, Raina Forbin, devant le Conseil de sécurité de l’ONU ont de quoi surprendre, voire indigner. Alors qu’elle affirme que « la sécurité s’améliore » et qu’Haïti n’a « jamais été aussi proche du rétablissement de la sécurité et de la tenue d’élections », la réalité quotidienne vécue par des millions d’Haïtiens raconte une tout autre histoire.

De nombreux quartier sont toujours sous le contrôle de groupes armés, des familles sont contraintes de fuir leurs maisons et les enlèvements, les assassinats ainsi que les attaques contre les institutions se poursuivent. Dans ce contexte, présenter un tableau aussi optimiste devant la communauté internationale soulève de sérieuses interrogations. S’agit-il d’une volonté de rassurer les partenaires étrangers ou d’une tentative de masquer l’ampleur de la crise ?

Certes, le peuple haïtien fait preuve d’une résilience exceptionnelle. Mais cette résilience ne doit pas servir d’alibi pour embellir une situation qui demeure extrêmement préoccupante. Les institutions fonctionnent difficilement, l’État peine à rétablir son autorité sur une grande partie du territoire et des milliers de citoyens vivent encore dans la peur.

En choisissant un discours déconnecté des réalités du terrain, la ministre risque davantage de fragiliser la crédibilité du gouvernement que de convaincre ses interlocuteurs. Les Haïtiens attendent des résultats concrets, pas des déclarations triomphalistes.