Alix Didier Fils-Aimé échappe à la révocation de justesse

Alix Didier Fils-Aimé échappe à la révocation de justesse

À quelques jours de la fin de leur mandat, des Conseillers-présidents ont proposé et signé, ce mercredi 21 janvier 2026, une résolution visant à révoquer le Premier Ministre Alix Didier Fils-Aimé. Une initiative à laquelle s’est opposé catégoriquement le Coordonnateur du Conseil présidentiel de transition (CPT), Laurent Saint-Cyr.

Selon les informations, cinq membres du CPT avaient initialement apposé leur signature au bas du document. Toutefois, l’un d’entre eux est ensuite revenu sur sa décision en retirant sa signature. Alix Didier Fils-Aimé a ainsi échappé de justesse à sa révocation, la résolution consacrant son renvoi ayant été signée, dans un premier temps, par cinq conseillers-présidents.

Fritz Alphonse Jean, Leslie Voltaire, Louis Gérald Gilles et Edgard Leblanc Fils figurent parmi les Conseillers-présidents signataires de la résolution. Le conseiller Smith Augustin, pour sa part, a retiré sa signature après avoir initialement endossé le document.

Dans une correspondance adressée mercredi soir aux autres membres du CPT, Laurent Saint-Cyr a réaffirmé son opposition à toute initiative susceptible de fragiliser la stabilité gouvernementale à l’approche d’échéances institutionnelles majeures.

Il a rappelé avoir déjà exprimé clairement sa position. « Je m’oppose à toute résolution visant à remettre en cause la stabilité gouvernementale à l’approche du 7 février et dénonce toute tentative de précipitation ou de prise de décisions majeures sans un dialogue élargi, structuré et véritablement représentatif des différents secteurs de la vie nationale, y compris de la diversité des sensibilités politiques ayant disposé, à des degrés divers, d’une légitimité électorale avérée », a-t-il écrit.

Selon Laurent Saint-Cyr, « à ce moment particulièrement sensible de notre histoire politique, il est de mon devoir, en tant que Président du Conseil présidentiel de transition, de m’exprimer avec responsabilité, lucidité et sens de l’intérêt général ». Il a souligné que la transition politique devait être menée au bénéfice du peuple haïtien, avec pour priorités la sécurité, l’organisation des élections et la relance économique. « Elle doit être conduite dans la recherche continue de la stabilité du pays, le respect de la continuité de l’État, de l’intérêt supérieur de la Nation et de la sécurité de l’ensemble de la région », a-t-il ajouté.

Le coordonnateur du CPT a également indiqué qu’un processus de consultation avait été engagé. « Nous avons initié un dialogue nécessaire que j’ai toujours prôné. Je salue les partis et acteurs qui ont répondu à cet appel, ainsi que ceux qui, tout en demeurant attachés au dialogue, se sont réservé le droit de se positionner publiquement sur la conjoncture », a écrit Laurent Saint-Cyr.

À l’approche d’échéances institutionnelles déterminantes pour le pays, Laurent Saint-Cyr estime que toute initiative susceptible d’alimenter l’instabilité, la confusion ou une rupture de confiance comporte de sérieux risques pour la Nation. « Haïti ne peut se permettre ni des décisions non concertées, ni des calculs politiques à courte vue qui compromettraient la stabilité et la continuité de l’État, ainsi que le bien-être d’une population déjà durement éprouvée », a-t-il averti.

« En tant que Président du Conseil présidentiel de transition, j’ai le devoir moral et politique de tout mettre en œuvre pour préserver ces avancées. Il est de notre responsabilité collective d’éviter toute dynamique de tension inutile et de créer les conditions d’un apaisement indispensable au redressement du pays », a poursuivi Laurent Saint-Cyr, mettant en garde contre les risques d’une insécurité prolongée, de l’isolement du pays et de la perte de soutiens essentiels.