Allemagne: pourquoi Christian Lindner, le nouveau ministre des Finances inquiète les Européens

Allemagne: pourquoi Christian Lindner, le nouveau ministre des Finances inquiète les Européens

Publié le : 25/11/2021 – 08:44

                Le successeur d’Angela Merkel, le social-démocrate Olaf Scholz, prendra les rênes de l’Allemagne d’ici une douzaine de jours puisqu’il a trouvé hier mercredi un accord de coalition avec les Verts et les Libéraux. Christian Lindner est l’une des sensations de cette nouvelle équipe : le chef de file des Libéraux a obtenu le très convoité ministère des Finances.                </p><div>
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                Alors que son parti est arrivé en quatrième position seulement aux élections législatives de septembre, il a obtenu ce qu’il voulait depuis le début : les clés du coffre. Un joli succès pour ce fringant quadragénaire, amateur de belles voitures. C'est le sauveur de son parti, le FDP, mais c'aussi un piètre entrepreneur :&nbsp;sa première start-up soutenue par de l'argent public est un fiasco que ses adversaires ne manquent pas de lui rappeler. En Allemagne, un pays où l’économie compte plus que l’armée ou la diplomatie, le poste de ministre des Finances est stratégique. C’est le ministère le plus puissant du gouvernement. Et son pouvoir va bien au-delà des frontières nationales : ce ministre peut imposer son diktat au reste de la zone euro. Comme l’a fait dans le passé Wolfgang Schaüble avec la Grèce au moment de la crise de la dette. Christian Lindner est un peu son héritier idéologique, puisqu’il se définit lui-même comme un fervent partisan de l’orthodoxie budgétaire.</p><h2>Cette ligne dure suscite beaucoup de critiques et d’inquiétudes en Europe.</h2><p>« <em>Il représente un danger mortel pour l’Europe, pire que la Russie</em> » prophétise le prix Nobel d’économie, l'Américain Joseph Stiglitz, dans une tribune publiée par le très sérieux <em>die Zeit</em>, le grand quotidien allemand de centre gauche. Cela fait des semaines que la presse européenne relaie des débats enflammés sur la probable nomination de Christian Lindner. Il a lui-même alimenté les peurs de ses partenaires du sud de l'Europe en déclarant il y a quelques jours que « <em>l'Allemagne devait garantir la stabilité face au risque d'inflation</em> ». Un Français, grand connaisseur des arcanes de Bruxelles, reconnaît que son arrivée aux finances est un problème pour Paris. Contrairement à Olaf SCHOLZ qui a occupé le poste à partir de 2017, on le voit mal accepter un nouveau plan de relance européen financé par de la dette mutualisée, sur le modèle révolutionnaire pour l'Europe, de celui qui a été propulsé l'été dernier par la crise économique liée au Covid.

Christian Lindner se dit favorable à l’application stricte du traité de Maastricht, avec un déficit public à 3% maximum. 

Barbancourt

le rhum des connaisseurs

Cette règle ainsi que celle de l’endettement à 60% maximum du PIB ont été mises entre parenthèse pendant la pandémie et la Commission présentera dans les prochains mois une réforme de ce pacte de stabilité jugé inadapté pour promouvoir la croissance. Le débat promet d’être houleux avec un commissaire italien Paolo Gentiloni clairement favorable à son assouplissement. Avant de ferrailler à Bruxelles et de trouver une ligne harmonieuse avec son partenaire français, le premier combat qui attend le nouvel homme fort de Berlin sera interne : il devra batailler avec son nouveau collègue de l’Économie. Robert Habeck, le chef de file des Verts, a hérité d’un super ministère de l’Économie et du Climat et il prône des dépenses et des emprunts pour accélérer la transition énergétique. Rien non plus d’extravagant : les trois partis se sont engagés à revenir au frein budgétaire qui limite l’endettement allemand à 0,35% du PIB; ils devront donc ruser pour faire porter la hausse probable des dépenses publiques.

►En bref

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Au cours d’une conférence aux Etats-Unis, le patron cette grande banque présente en Chine s’est dit convaincu que son entreprise durerait plus longtemps que le parti communiste chinois aujourd’hui centenaire.  Un trait d’humour qui a provoqué une broncha dans l’empire du Milieu ; le courroux d’un éditorialiste et l’agacement du ministre des Affaires étrangères. Une menace sur les activités chinoises de JP Morgan qui est le premier établissement étranger à détenir la totalité du capital d’une société de gestion.

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