Lors d’une émission la semaine dernière, André Michel s’est plu à citer une maxime attribuée à un dirigeant africain : « Si quelqu’un fait de la politique, il devient riche ; c’est un voleur. » La formule frappe par sa crudité et séduit par sa logique apparente. Mais elle devient troublante lorsqu’elle est reprise par celui-là même qui incarne, aux yeux de nombreux observateurs, les ambiguïtés qu’elle dénonce.
Avocat de profession, André Michel s’est progressivement effacé des prétoires pour occuper l’espace politique et médiatique. Depuis des années, aucune plaidoirie marquante ne lui est associée. Sa trajectoire interroge d’autant plus que son train de vie, souvent exhibé, contraste avec l’image du militant désintéressé qu’il revendique. Vie luxueuse, déplacements sous escorte, séjours prolongés dans des hôtels huppés, autant d’éléments rapportés dans les cercles politiques et journalistiques qui nourrissent le malaise.
Sous le gouvernement de Ariel Henry, son nom a été cité à maintes reprises dans des récits faisant état d’influences exercées en coulisses, de recommandations intéressées, de placements négociés.
Aujourd’hui, l’homme se drape dans une posture critique, pourfendeur d’un système qu’il affirme combattre. Il distribue les anathèmes, dénonce la dérive du pays et se pose en conscience morale. Pourtant, pour beaucoup, cette indignation tardive sonne comme une amnésie commode. Car ceux qui ont accompagné, justifié ou profité des errements d’hier portent aussi une part de responsabilité dans la descente aux enfers actuelle.


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