Emmanuel Vertilaire se présente aujourd’hui comme le sauveur d’Haïti. Celui qui prêche désormais une « politique propre » et un « contrat avec l’histoire » est pourtant l’un des trois conseillers présidentiels éclaboussés par un retentissant scandale de corruption impliquant la Banque Nationale de Crédit (BNC). Pendant que le pays saignait, des hommes comme lui utilisaient les institutions financières de l’État comme des caisses personnelles.
En effet, le Conseil Présidentiel de Transition, dont Vertilaire fut l’un des membres, restera dans les annales comme l’une des expériences gouvernementales les plus catastrophiques de l’histoire récente d’Haïti. Paralysie institutionnelle chronique, insécurité galopante, pillage des ressources publiques, querelles intestines pathétiques : le bilan est accablant. Vertilaire n’en fut pas un spectateur innocent, mais bien un acteur.
Que 117 signataires aient apposé leur nom aux statuts de PUSH — un acronyme particulièrement ironique pour un pays que l’on pousse effectivement vers l’abîme — témoigne moins d’un élan patriotique que d’une naïveté collective consternante.
Haïti n’a pas besoin de nouveaux partis recyclant d’anciens complices. Elle a besoin de justice, et Vertilaire devrait commencer par répondre de ses actes devant les tribunaux avant de prétendre diriger quoi que ce soit.


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