COVID-19: payés 500$ par jour pour vacciner à la chaîne

COVID-19: payés 500$ par jour pour vacciner à la chaîne

Des vaccinateurs embauchés pour la campagne de vaccination contre la COVID-19 peuvent toucher plus de 500 $ par jour.
Notre Bureau d’enquête a appris que des gens recrutés par la plateforme JeContribue peuvent toucher un salaire équivalent à ce qu’ils recevaient avant de prendre leur retraite. 
Jusqu’en mai dernier, ils avaient aussi droit à une prime d’assiduité pouvant atteindre 1800 $ par mois. Ils recevaient cette prime variant de 15 $ à 90 $ par jour après seulement une journée ou deux demi-journées de travail par semaine. 
D’autres montants, comme des primes de soir, peuvent aussi s’appliquer.
« En effet, il est possible que certains vaccinateurs fassent jusqu’à 500 $ par quart de travail, en comptant les primes », a indiqué Catherine Domingue, directrice des relations médias du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Montérégie-Est.
Malaise
Un retraité de la fonction publique recruté sur la plateforme gouvernementale a été abasourdi quand on lui a indiqué combien il toucherait en salaire. 
« On m’a mentionné que la rémunération pouvait varier de moins de 50 000 $ à plus de 100 000 $ pour exactement la même responsabilité. Comment justifier cette variabilité et surtout comment justifier une rémunération de 100 000 $ pour injecter un vaccin ? », demande celui qui a accepté de parler seulement sous le couvert de l’anonymat.
Dans le cadre de la campagne de vaccination, Québec a élargi les types de travailleurs autorisés à donner des doses. On a notamment autorisé des vétérinaires, dentistes ou chimistes. Après deux courtes formations, ils sont aptes à procéder aux injections.
Pour les employés provenant du réseau de la santé, on applique la rémunération selon l’échelle salariale de l’emploi d’origine. Ainsi, une infirmière clinicienne ou un biochimiste peuvent faire entre 27,08 $ et 47,98 $ avant les primes et bénéfices marginaux applicables (vacances, jours fériés ou maladies).
Mobilisation
Jusqu’à maintenant, les établissements de santé ont versé des dizaines de millions de dollars en rémunération. Ainsi, la facture dépasse 30 millions $ seulement à Québec. 
« Le CIUSSS de la Capitale-Nationale a eu recours à plus de 1000 vaccinateurs, dans au moins 20 sites de vaccination, une dizaine de cliniques mobiles, 36 CHSLD, 157 RPA, 169 écoles, en plus de divers lieux publics », précise la porte-parole, Annie Ouellet.
Plus de 21 millions de doses ont été administrées au Québec depuis le début de la campagne de vaccination en décembre 2020. 

Des millions en rémunération 
CIUSSS de la Capitale-Nationale

30 M$ | 1,9 million doses

CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal

22,7 M$ | 750 000 doses

CISSS de la Montérégie-Est

20,2 M$ | Plus de 500 000 doses*

*en juillet 2021
La campagne de vaccination en quelques chiffres 

Québécois avec une dose (7 459 571): 91 % 
Québécois avec quatre doses: 22 % 
59 % des 60 ans et plus ont reçu quatre doses 
487 839 non-vaccinés 

Sources : CISSS, CIUSSS et ministère de la Santé 
Deux classes de travailleurs 
Le gouvernement a créé deux classes de travailleurs en choisissant de recruter directement dans la population du personnel pour la vaccination.
« Des gens qui se sont négocié des conditions sur le side, c’est inacceptable », déplore le président du Conseil provincial des affaires sociales du SCFP, Maxime Ste-Marie.
Ce dernier, qui représente plus de 30 000 employés du réseau de la santé, dénonce la gestion par arrêté ministériel décrété par le gouvernement. 
Les conditions des travailleurs des centres de dépistage et de vaccination ont été établies par décision ministérielle dans le cadre de l’urgence sanitaire.
Maxime Ste-Marie reconnaît l’apport essentiel de ces travailleurs et encourage la vaccination, mais il se demande pourquoi l’urgence sanitaire demeure en vigueur dans le réseau, deux ans et demi après le début de la pandémie.
« On a besoin de tout le monde, mais plusieurs sont dans un statut inconnu. Il faut que leur situation soit régularisée, surtout si ce sont des gens compétents pour rester en poste », dit-il.
Selon lui, le gouvernement doit en faire plus pour pourvoir les milliers de postes toujours vacants dans le réseau.
Crise sans pareil
Au CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, on indique avoir versé plus de 22,7 millions $ en rémunération depuis le début de la campagne de vaccination. Au total, plus de 750 000 doses ont été administrées par l’établissement, notamment sur le site du palais des congrès de Montréal.
« Pour une crise sanitaire sans pareil, il y a eu une réponse sans pareil. Ça a été une opération incroyable », rappelle Danny Raymond, conseiller aux communications.
S’il reconnaît que certains travailleurs peuvent gagner plus de 500 $ par jour, il indique que le salaire moyen tourne plutôt autour de 40 $ l’heure.
Au ministère de la Santé, on indique que ce sont les CISSS qui gèrent la rémunération.
« Le salaire de ces personnes est déterminé par leur niveau de diplomation et les années d’expériences professionnelles acquises dans leur titre d’emploi d’origine », indique Marie-Hélène Émond par courriel.

Des vaccinateurs embauchés pour la campagne de vaccination contre la COVID-19 peuvent toucher plus de 500 $ par jour.

Notre Bureau d’enquête a appris que des gens recrutés par la plateforme JeContribue peuvent toucher un salaire équivalent à ce qu’ils recevaient avant de prendre leur retraite. 

Jusqu’en mai dernier, ils avaient aussi droit à une prime d’assiduité pouvant atteindre 1800 $ par mois. Ils recevaient cette prime variant de 15 $ à 90 $ par jour après seulement une journée ou deux demi-journées de travail par semaine. 

D’autres montants, comme des primes de soir, peuvent aussi s’appliquer.

« En effet, il est possible que certains vaccinateurs fassent jusqu’à 500 $ par quart de travail, en comptant les primes », a indiqué Catherine Domingue, directrice des relations médias du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Montérégie-Est.

Malaise

Un retraité de la fonction publique recruté sur la plateforme gouvernementale a été abasourdi quand on lui a indiqué combien il toucherait en salaire. 

« On m’a mentionné que la rémunération pouvait varier de moins de 50 000 $ à plus de 100 000 $ pour exactement la même responsabilité. Comment justifier cette variabilité et surtout comment justifier une rémunération de 100 000 $ pour injecter un vaccin ? », demande celui qui a accepté de parler seulement sous le couvert de l’anonymat.

Dans le cadre de la campagne de vaccination, Québec a élargi les types de travailleurs autorisés à donner des doses. On a notamment autorisé des vétérinaires, dentistes ou chimistes. Après deux courtes formations, ils sont aptes à procéder aux injections.

Pour les employés provenant du réseau de la santé, on applique la rémunération selon l’échelle salariale de l’emploi d’origine. Ainsi, une infirmière clinicienne ou un biochimiste peuvent faire entre 27,08 $ et 47,98 $ avant les primes et bénéfices marginaux applicables (vacances, jours fériés ou maladies).

Mobilisation

Jusqu’à maintenant, les établissements de santé ont versé des dizaines de millions de dollars en rémunération. Ainsi, la facture dépasse 30 millions $ seulement à Québec. 

Barbancourt

le rhum des connaisseurs

« Le CIUSSS de la Capitale-Nationale a eu recours à plus de 1000 vaccinateurs, dans au moins 20 sites de vaccination, une dizaine de cliniques mobiles, 36 CHSLD, 157 RPA, 169 écoles, en plus de divers lieux publics », précise la porte-parole, Annie Ouellet.

Plus de 21 millions de doses ont été administrées au Québec depuis le début de la campagne de vaccination en décembre 2020. 

Des millions en rémunération 

CIUSSS de la Capitale-Nationale

  • 30 M$ | 1,9 million doses

CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal

  • 22,7 M$ | 750 000 doses

CISSS de la Montérégie-Est

  • 20,2 M$ | Plus de 500 000 doses*

*en juillet 2021

La campagne de vaccination en quelques chiffres 

  • Québécois avec une dose (7 459 571): 91 % 
  • Québécois avec quatre doses: 22 % 
  • 59 % des 60 ans et plus ont reçu quatre doses 
  • 487 839 non-vaccinés 

Sources : CISSS, CIUSSS et ministère de la Santé 

Deux classes de travailleurs 

Le gouvernement a créé deux classes de travailleurs en choisissant de recruter directement dans la population du personnel pour la vaccination.

« Des gens qui se sont négocié des conditions sur le side, c’est inacceptable », déplore le président du Conseil provincial des affaires sociales du SCFP, Maxime Ste-Marie.

Ce dernier, qui représente plus de 30 000 employés du réseau de la santé, dénonce la gestion par arrêté ministériel décrété par le gouvernement. 

Les conditions des travailleurs des centres de dépistage et de vaccination ont été établies par décision ministérielle dans le cadre de l’urgence sanitaire.

Maxime Ste-Marie reconnaît l’apport essentiel de ces travailleurs et encourage la vaccination, mais il se demande pourquoi l’urgence sanitaire demeure en vigueur dans le réseau, deux ans et demi après le début de la pandémie.

« On a besoin de tout le monde, mais plusieurs sont dans un statut inconnu. Il faut que leur situation soit régularisée, surtout si ce sont des gens compétents pour rester en poste », dit-il.

Selon lui, le gouvernement doit en faire plus pour pourvoir les milliers de postes toujours vacants dans le réseau.

Crise sans pareil

Au CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, on indique avoir versé plus de 22,7 millions $ en rémunération depuis le début de la campagne de vaccination. Au total, plus de 750 000 doses ont été administrées par l’établissement, notamment sur le site du palais des congrès de Montréal.

« Pour une crise sanitaire sans pareil, il y a eu une réponse sans pareil. Ça a été une opération incroyable », rappelle Danny Raymond, conseiller aux communications.

S’il reconnaît que certains travailleurs peuvent gagner plus de 500 $ par jour, il indique que le salaire moyen tourne plutôt autour de 40 $ l’heure.

Au ministère de la Santé, on indique que ce sont les CISSS qui gèrent la rémunération.

« Le salaire de ces personnes est déterminé par leur niveau de diplomation et les années d’expériences professionnelles acquises dans leur titre d’emploi d’origine », indique Marie-Hélène Émond par courriel.

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