COVID-19: une portée limitée des restrictions aux frontières

COVID-19: une portée limitée des restrictions aux frontières

La demande de tests COVID aux voyageurs en provenance de Chine pourrait ne présenter qu’un intérêt très limité, d’autant que la menace viendra peut-être d’autres pays comme les États-Unis, où un nouveau sous-variant est en train de prendre le dessus. 
• À lire aussi: COVID-19: 4 chiffres pour comprendre ce qui se passe en Chine
• À lire aussi: Doit-on craindre le nouveau variant de COVID-19 le XBB.1.5?
• À lire aussi: Pékin dénonce les tests COVID-19 pour les voyageurs venant de Chine et annonce de possibles «contre-mesures»
Quelles réactions internationales face à la vague de COVID en Chine?
Plus d’une douzaine de pays – dont l’Espagne, Israël, les États-Unis et la France – ont imposé ces derniers jours des tests COVID aux passagers en provenance de Chine, s’inquiétant du manque de transparence sur les chiffres des infections et redoutant l’apparition de nouveaux variants.
La Chine, qui fait actuellement face à sa pire flambée de cas, a jugé mardi ces restrictions «inacceptables».
La France est «dans son rôle» en demandant ces tests, a affirmé la première ministre Élisabeth Borne. Principal objectif, selon elle: «pouvoir surveiller l’évolution de l’épidémie» grâce aux tests aléatoires sur le sol français, les prélèvements positifs donnant lieu à un séquençage systématique.
Ces mesures sont-elles justifiées? 
Non, a tranché la semaine dernière le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). Les pays de l’UE «ont des niveaux d’immunisation et de vaccination relativement élevés» et les «variants circulant en Chine circulent déjà dans l’UE», a-t-il expliqué.
Pour certains experts, ces mesures peuvent toutefois trouver une justification. «On ne connait pas bien l’ampleur réelle de la vague en Chine, et on a des infos parcellaires sur les variants et sous-variants qui y circulent», déclare à l’AFP Mahmoud Zureik, professeur d’épidémiologie et de santé publique à l’université de Versailles – Saint-Quentin-en-Yvelines. «La Chine a communiqué une liste de sous-variants à l’Organisation mondiale de la Santé, mais elle était basée sur un échantillon très faible», rappelle-t-il.
«Par ailleurs ces mesures se justifient si une vague sans précédent déferle dans le pays: il serait en effet difficile de laisser atterrir un avion avec une personne sur deux positive sans rien faire», estime-t-il.
Que peut-on en attendre? 
Si les restrictions peuvent s’expliquer en théorie, leur utilité réelle semble très limitée, notamment en raison d’un manque de coordination internationale. Les États membres de l’Union européenne doivent discuter mercredi d’une réponse commune à adopter.
En Europe, seules la France, l’Italie et l’Espagne ont pris des mesures à ce jour. «Pour être utiles, il faudrait au moins qu’elles soient appliquées dans tout l’espace Schengen», estime M. Zureik, rappelant qu’«on a appris par le passé que rien n’empêchera le virus de traverser les frontières».
Plus critique, l’épidémiologiste Dominique Costaglia parle d’une simple opération de «com»: «Au moment où la France réduit ses capacités de séquençage, à part donner l’impression qu’on fait quelque chose, ce n’est pas très utile», dit-elle à l’AFP.
Dans un avis rendu au gouvernement jeudi dernier, le Comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires (Covars, ex-conseil scientifique), a certes recommandé d’imposer des tests aux frontières dans une optique de réduction des risques, mais a jugé «illusoire» toute tentative de retarder les introductions de cas ou de variants chinois.
«Les restrictions imposées à l’Afrique du Sud pendant l’émergence d’Omicron fin 2021 ont eu très peu d’impact sur l’évolution de l’épidémie en Europe», rappelle-t-il.
La menace vient-elle vraiment de Chine? 
Pour le moment, les autorités scientifiques surveillent surtout un sous-variant d’Omicron, XBB.1.5, en passe de devenir majoritaire aux États-Unis.
Cet ancêtre de BA.2, a pris le dessus sur toute la côte est du pays: «en deux ou trois semaines, il est passé de 10% à 40% des contaminations», indique M. Zureik. «On ne connait pas encore bien ses caractéristiques, mais il serait plus transmissible vu sa croissance assez fulgurante».
Ce variant est déjà présent au Royaume-Uni, et circule en France à de très bas niveaux.
Il faudra encore du temps avant de déterminer s’il est plus virulent que ses prédécesseurs.
«Il semble avoir un avantage de transmission, mais cela ne veut pas dire que c’est un “super variant” apocalyptique», a tweeté lundi la virologue américaine Angela Rasmussen. Selon les premières données disponibles, une dose de rappel avec un vaccin bivalent permettrait notamment de produire des anticorps neutralisants face à ce variant, a-t-elle ajouté.

Barbancourt

le rhum des connaisseurs

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Plus d’une douzaine de pays – dont l’Espagne, Israël, les États-Unis et la France – ont imposé ces derniers jours des tests COVID aux passagers en provenance de Chine, s’inquiétant du manque de transparence sur les chiffres des infections et redoutant l’apparition de nouveaux variants.
La Chine, qui fait actuellement face à sa pire flambée de cas, a jugé mardi ces restrictions «inacceptables».
La France est «dans son rôle» en demandant ces tests, a affirmé la première ministre Élisabeth Borne. Principal objectif, selon elle: «pouvoir surveiller l’évolution de l’épidémie» grâce aux tests aléatoires sur le sol français, les prélèvements positifs donnant lieu à un séquençage systématique.

Ces mesures sont-elles justifiées? 

Non, a tranché la semaine dernière le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). Les pays de l’UE «ont des niveaux d’immunisation et de vaccination relativement élevés» et les «variants circulant en Chine circulent déjà dans l’UE», a-t-il expliqué.
Pour certains experts, ces mesures peuvent toutefois trouver une justification. «On ne connait pas bien l’ampleur réelle de la vague en Chine, et on a des infos parcellaires sur les variants et sous-variants qui y circulent», déclare à l’AFP Mahmoud Zureik, professeur d’épidémiologie et de santé publique à l’université de Versailles – Saint-Quentin-en-Yvelines. «La Chine a communiqué une liste de sous-variants à l’Organisation mondiale de la Santé, mais elle était basée sur un échantillon très faible», rappelle-t-il.
«Par ailleurs ces mesures se justifient si une vague sans précédent déferle dans le pays: il serait en effet difficile de laisser atterrir un avion avec une personne sur deux positive sans rien faire», estime-t-il.

Que peut-on en attendre? 

Si les restrictions peuvent s’expliquer en théorie, leur utilité réelle semble très limitée, notamment en raison d’un manque de coordination internationale. Les États membres de l’Union européenne doivent discuter mercredi d’une réponse commune à adopter.
En Europe, seules la France, l’Italie et l’Espagne ont pris des mesures à ce jour. «Pour être utiles, il faudrait au moins qu’elles soient appliquées dans tout l’espace Schengen», estime M. Zureik, rappelant qu’«on a appris par le passé que rien n’empêchera le virus de traverser les frontières».
Plus critique, l’épidémiologiste Dominique Costaglia parle d’une simple opération de «com»: «Au moment où la France réduit ses capacités de séquençage, à part donner l’impression qu’on fait quelque chose, ce n’est pas très utile», dit-elle à l’AFP.
Dans un avis rendu au gouvernement jeudi dernier, le Comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires (Covars, ex-conseil scientifique), a certes recommandé d’imposer des tests aux frontières dans une optique de réduction des risques, mais a jugé «illusoire» toute tentative de retarder les introductions de cas ou de variants chinois.
«Les restrictions imposées à l’Afrique du Sud pendant l’émergence d’Omicron fin 2021 ont eu très peu d’impact sur l’évolution de l’épidémie en Europe», rappelle-t-il.

La menace vient-elle vraiment de Chine? 

Pour le moment, les autorités scientifiques surveillent surtout un sous-variant d’Omicron, XBB.1.5, en passe de devenir majoritaire aux États-Unis.
Cet ancêtre de BA.2, a pris le dessus sur toute la côte est du pays: «en deux ou trois semaines, il est passé de 10% à 40% des contaminations», indique M. Zureik. «On ne connait pas encore bien ses caractéristiques, mais il serait plus transmissible vu sa croissance assez fulgurante».
Ce variant est déjà présent au Royaume-Uni, et circule en France à de très bas niveaux.
Il faudra encore du temps avant de déterminer s’il est plus virulent que ses prédécesseurs.
«Il semble avoir un avantage de transmission, mais cela ne veut pas dire que c’est un “super variant” apocalyptique», a tweeté lundi la virologue américaine Angela Rasmussen. Selon les premières données disponibles, une dose de rappel avec un vaccin bivalent permettrait notamment de produire des anticorps neutralisants face à ce variant, a-t-elle ajouté.

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