Football – Equipe de France – Euro espoirs : sexys sur le papier, les Bleuets attendus au tournant

Football – Equipe de France – Euro espoirs : sexys sur le papier, les Bleuets attendus au tournant

À genoux, les mains sur les hanches et l’air dépité, Paul Bernardoni constate. Le gardien de l’équipe de France espoirs vient d’encaisser un quatrième but face à une Espagne foudroyante (4-1). Les Bleuets quittent l’Euro des moins de 21 ans par la petite porte en ce 27 juin 2019. Deux ans plus tard, Sylvain Ripoll revient avec une équipe forcément renouvelée. Sur les 23 joueurs convoqués pour l’Euro 2021, ils ne sont que 5 à avoir connu la déception d’il y a deux ans : Ibrahima Konaté, Colin Dagba, Matteo Guendouzi, Jonathan Ikoné et Houssem Aouar, qui a déclaré forfait. La qualité, elle, n’a pas vraiment bougé. Chez les Bleuets, il y a des titulaires à Lyon, Marseille, Monaco, Leverkusen ou encore Séville. Les attentes, à l’aube du premier match de la phase de groupes ce jeudi contre le Danemark (21h), sont inévitables.

Barbancourt

le rhum des connaisseurs

«Ce groupe a créé une histoire»
Sylvain Ripoll, sélectionneur de l’équipe de France espoirs

«Nous avons en effet une équipe avec beaucoup de potentiel et on est les premiers satisfaits, staff et joueurs, de voir qu’elle provoque une attente», a indiqué Sylvain Ripoll en conférence de presse. Cette attente, elle est générée par les individualités sur lesquels Ripoll a pu se reposer. L’avant-centre du Celtic, Odsonne Edouard (23 ans), a inscrit 10 buts en 15 matches avec les Bleuets. Au milieu, le capitaine Guendouzi (21 ans) fait office de taulier, et le défenseur Jules Koundé (22 ans) est irréprochable. Cette attente, elle existe parce que la France a survolé son groupe de qualifications : 9 victoires pour une défaite (en Suisse, 3-1) et 32 buts marqués pour 10 encaissés. «Ce groupe a créé une histoire», s’est satisfait Ripoll. Encore faut-il traduire cela en phase finale, et dans un contexte particulier pour diverses raisons.

Le superbe but de Koundé contre le FC Barcelone en demi-finale aller de Coupe du Roi le 10 février dernier (2-0)

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Une préparation écourtée

Chez l’UEFA, on prend le contexte sanitaire très au sérieux. Au-delà du protocole à respecter et des décisions en cas d’effectif décimé par des cas de Covid-19, il est acté que toute la phase de groupes se déroulera à huis-clos. Mais rien n’est certain pour la phase à élimination directe, prévue du 31 mai au 6 juin. Car oui : pour la première fois depuis plus de 30 ans, l’Euro espoirs est scindé en deux, la faute à la pandémie qui a forcé le report d’un an de l’Euro chez les A. L’UEFA s’est donc débrouillé pour terminer l’Euro espoirs avant le début de celui des «grands», fixé au 11 juin. Deux conséquences : la première, c’est que les Bleuets, comme toutes les autres sélections, n’ont pas ce temps de préparation habituel avant le début d’une compétition internationale. «Notre façon de pallier ce manque de temps et de préparation est de s’appuyer sur un groupe qui se connaît, a expliqué Sylvain Ripoll. Nous n’aurons vraiment qu’une seule séance d’entraînement, mercredi, avec tout le monde, pour préparer collectivement le match contre le Danemark. Cette séance ne peut pas excéder une heure, comme le prévoit le règlement. On essaiera donc de l’optimiser.»

La deuxième conséquence, c’est la possibilité que certains Bleuets soient appelés en A par Didier Deschamps à la fin du mois de mai. Camavinga (2 sélections) et Ikoné (4 sélections) ont déjà porté le maillot frappé du coq à deux étoiles. «J’échange très souvent avec Sylvain Ripoll, a détaillé Deschamps. J’ai pris la décision de lui laisser tous les joueurs de la catégorie espoirs à disposition sur cette phase finale. Il y aura encore deux mois avant que je fasse fin mai la liste pour l’Euro où là, l’équipe de France A redeviendra prioritaire.» Il n’y a donc rien de farfelu à imaginer un jouer disputer la phase de groupes de l’Euro espoirs puis manquer à l’appel pour les quarts de finale en raison d’une «promotion».

«Ces joueurs vont amener leur expertise du haut niveau auquel ils ont goûté», a souligné Ripoll, qui a vanté les qualités d’un groupe de «vingt-trois joueurs qui sont tous à même de commencer d’entrée». Comme à chaque compétition internationale, la marge d’erreur est proche du néant : perdre face au Danemark jeudi mettrait déjà les Bleuets dos au mur. «Ce n’est pas un hasard si le Danemark est resté invaincu pendant deux ans et a fini premier de son groupe», a mis en garde Ripoll. Le sélectionneur se méfie aussi d’une Russie qui «propose un gros bloc défensif». Aucun doute, la France est favorite de sa poule, voire du championnat d’Europe. Mais «il serait bien prétentieux de penser à la suite avant de faire ce qu’il faut pour sortir de cette phase de poules», a insisté Ripoll, à raison. En 23 éditions, l’équipe de France espoirs n’a gagné qu’une seule fois le championnat d’Europe. C’était en 1988 avec Bruno Martini, Laurent Blanc, Franck Sauzée et Eric Cantona. Il serait grand temps de concrétiser les fameuses attentes.

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