Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) et sa structure départementale dans la Grand’Anse, le Réseau Grand’Anse de Défense des Droits Humains (REGADH), ont publié, ce lundi 16 mars 2026, un communiqué présentant des informations à la suite d’une enquête menée sur un dossier de viol sur mineure et de cyberharcèlement devenu viral sur les réseaux sociaux. Les deux institutions condamnent fermement ce viol, mais également l’attitude adoptée par certains membres de la communauté de July.
Selon l’enquête du RNDDH, la victime, âgée de 16 ans et élève en 8e année fondamentale, vivait avec son père à Port-au-Prince. En raison de l’insécurité, celui-ci a décidé de déménager à July, une localité située entre Chambellan et Dame-Marie, où il a refait sa vie et inscrit sa fille à l’Institution Mixte Joseph Claude Bernard.
Au début du mois de décembre 2025, en sortant de l’école, la survivante a rencontré Clivens LOGISTE, un jeune homme âgé de 21 ans avec lequel elle entretenait une relation amoureuse.
En chemin, ils ont bifurqué vers une maison en construction. Arrivés sur les lieux, Clivens LOGISTE a violé la mineure et exigé que ses cousins présents sur place, Kedson LOGISTE et Kensley LOGISTE, filment le viol. Par la suite, la mineure est rentrée chez elle sans dénoncer l’agression qu’elle venait de subir ni l’enregistrement qui en avait été réalisé.
Toujours selon le RNDDH, les vacances de Noël sont arrivées quelque temps après. Le père de la survivante a alors décidé d’emmener sa fille aux Cayes afin d’y passer les fêtes de fin d’année.
À son retour à July, Kedson LOGISTE et Kensley LOGISTE ont commencé à la harceler, exigeant à leur tour des relations sexuelles tout en la menaçant, en cas de refus, de diffuser la vidéo qu’ils avaient enregistrée. La mineure a refusé. Les deux individus ont alors mis leur menace à exécution en publiant la vidéo dans l’objectif manifeste de nuire à sa réputation et de l’humilier.
Depuis, selon le RNDDH et le REGADH, la victime est pointée du doigt. Elle est huée par certains membres de sa communauté et se voit contrainte de rester la plupart du temps recluse.
L’agresseur présumé, Clivens LOGISTE, actuellement en classe terminale à l’Institut des Sciences Appliquées (ISC) à Jérémie, a lui aussi fréquenté l’Institution Mixte Joseph Claude Bernard, qui offre une formation académique jusqu’à la 9e année fondamentale. Il est donc bien connu du directeur de l’établissement. De plus, l’un de ses cousins ayant filmé le viol, Kensley LOGISTE, est également élève en 8e année dans cet établissement scolaire.
Le 25 février 2026, soit quelques jours après la publication de la vidéo, la victime est retournée à l’école. Elle en aurait été chassée et ses parents ont été convoqués. Le père étant alors absent, sa belle-mère l’a accompagnée le 26 février 2026. Le directeur général a alors affirmé à cette dernière que la mineure n’était plus autorisée à fréquenter l’enceinte de l’établissement.
Suite au tollé provoqué par la publication de la vidéo, la Brigade de Protection des Mineurs (BPM) de Jérémie a contacté le directeur général de l’Institution Mixte Joseph Claude Bernard afin de recueillir les premières informations sur le dossier. Cependant, ce dernier lui a communiqué des données pour la plupart erronées, ce qui n’a pas permis à la BPM d’agir aussi rapidement qu’elle l’aurait souhaité. En effet, le nom de l’agresseur fourni à la BPM était faux. De plus, toujours selon la BPM, le directeur général avait affirmé que la mineure n’était pas facilement joignable, arguant qu’elle habitait loin de l’établissement scolaire. Ces informations inexactes ont donné à Clivens LOGISTE le temps de prendre la fuite.
Depuis, la mineure reçoit des menaces de la part des familles de Clivens LOGISTE, Kedson LOGISTE et Kensley LOGISTE, qui l’avertissent qu’ils s’en prendraient à elle si l’un d’entre eux venait à être arrêté.
Parallèlement, les 12 et 13 mars 2026, le REGADH et le RNDDH ont accompagné la survivante et son père à la BPM, au Parquet et dans un centre de santé afin, d’une part, de porter plainte formellement contre les agresseurs présumés et, d’autre part, de permettre son auscultation. Un nouveau mandat, comportant les véritables noms des agresseurs, a été décerné.
Les institutions dénoncent la facilité avec laquelle trois prédateurs sexuels se sont attaqués à une mineure. Le RNDDH et le REGADH regrettent que, dans ce cas, la communauté de Chambellan ne se soit pas insurgée contre les agresseurs présumés, mais plutôt banni la survivante. Les deux organisations estiment également que l’Institution Mixte Joseph Claude Bernard n’a adopté aucune mesure visant à protéger la mineure après avoir appris qu’elle avait été violée, filmée et harcelée par ses agresseurs. Elles demandent aux autorités policières et judiciaires de la Grand’Anse de traiter ce dossier avec célérité et d’étendre leurs investigations à toutes les informations fournies par la survivante et sa famille concernant les menaces reçues.


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