Le nom de Boko Haram revient de plus en plus dans le narratif entourant les gangs armés en Haïti. Cette référence, à elle seule, devrait interpeller. Elle traduit la crainte de voir certaines pratiques d’une extrême violence, déjà observées chez des groupes criminels ou terroristes en Afrique, être progressivement reproduites sur le territoire haïtien.
Sans établir un lien direct ou opérationnel entre les gangs haïtiens et Boko Haram, il serait irresponsable de banaliser cette évolution du discours et surtout la multiplication des atrocités. Exécutions, enlèvements, incendies, violences contre des populations civiles et actes destinés à semer la terreur témoignent d’une criminalité qui dépasse depuis longtemps largement le simple banditisme.
Le phénomène est d’autant plus inquiétant que la violence semble devenir un instrument de domination et de contrôle des populations. Certains groupes instaurent la peur comme moyen de gouverner des territoires, avec des méthodes qui rappellent, par leur brutalité, celles de certaines organisations criminelles et terroristes étrangères.
Haïti est donc confrontée à un changement de paradigme sécuritaire. La criminalité a définitivement pris un autre niveau. Face à cette dérive, l’État ne peut plus se contenter de réactions ponctuelles. Il doit anticiper, renforcer le renseignement, reprendre enfin le contrôle du territoire.


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