La crise de l’approvisionnement s’aggrave

La crise de l’approvisionnement s’aggrave

Publié le : 14/10/2021 – 10:09

Des conteneurs qui s’entassent dans les ports des États-Unis – ceux de Los Angeles ou Long Beach par exemple – dans l’attente d’être déchargés. Dans la première puissance mondiale, et ailleurs, la consommation repart à la hausse mais sans doute trop vite. Alors que les fêtes de fin d’année approchent, l’administration américaine appelle les entreprises de transports et de logistiques à travailler jour et nuit pour désengorger les ports. Les problèmes d’approvisionnement touchent le monde entier et ça pourrait durer jusqu’à l’année prochaine.

Il vous faudra peut-être commander vos cadeaux de Noël beaucoup plus tôt que prévu tant les délais ont été revus à la hausse. Certaines entreprises de transports les ont multiplié par trois.

Barbancourt

le rhum des connaisseurs

Les causes sont nombreuses et une crise en alimente une autre. Alors que les usines en Europe ou aux États-Unis ont hâte de repartir comme avant la pandémie, plusieurs pays asiatiques qui leur fournissent habituellement les matières premières ou les composants peinent à retrouver leur cadence d’avant la pandémie. Les contaminations dues aux variants du Covid-19 ont freiné la pleine reprise. Ajouter à cela une météo catastrophique. En Chine, ces dernières semaines, des biens manufacturés ont été bloqués dans les ports les plus importants comme le terminal de Yangshan à Shanghaï, à cause du typhon « In-Fa ». Deux jours de blocage dans un port pour des raisons de météo ou de cas de Covid-19, et le voyage du containeur peut être rallongé de deux semaines.

Et des coûts de transports explosent, forcément

Ces coûts ont été multipliés par dix en un an pour le transport maritime. De loin, le mode de transport le plus important. On se rend compte de cette importance d’ailleurs quand il y a une crise. Que ce soit les blocages du printemps dernier dans le Canal de Suez ou aujourd’hui dans les ports américains et asiatiques. Certaines entreprises prennent les devants, elles exigent des suppléments à leurs clients pour garantir une livraison dans des délais raisonnables. D’autres, des géants de la distribution comme Ikea ou Walmart ont acheté leurs propres conteneurs et navires pour assurer leurs livraisons.

L’autre crise, c’est celle d’une main d’œuvre manquante

Aux États-Unis, comme en Europe, si la demande repart à la hausse, les bras manquent pour transporter les marchandises. Postes essentiels dans la chaîne d’approvisionnement, les manutentionnaires ou encore les chauffeurs-routiers ne sont pas assez nombreux. On a beaucoup parlé du cas du Royaume-Uni, qui à cause du Brexit est privé d’au moins 100 000 chauffeurs qui viennent habituellement d’Europe. Les États-Unis ont aussi un gros problème de main d’œuvre. Les candidats ne se bousculent pas pour ces postes jugés difficiles. Et cela aggrave le casse-tête du  désengorgement des ports.

Pendant ce temps, en Europe, les usines dépourvues de composants, ralentissent la cadence

Le retour aux niveaux de production industrielle d’avant la crise était espéré cette année. Mais les prévisions du FMI ont été revues à la baisse.

Dernier exemple en date, l’italo-américain CNH industrial a suspendu sa fabrication d’engins agricoles et de voitures…faute de semi-conducteurs. En Allemagne, la production automobile a chuté à son niveau de 1975. La situation redonne l’occasion aux gouvernements du G7 de se positionner en faveur de l’indépendance vis-à-vis des matières premières et composants issus d’Asie. Un vœu pieux pour l’instant. Ce qui guette, pour l’heure, c’est  la rupture de stock ou une hausse des prix de plusieurs produits affectés par les retards d’acheminement. A commencer peut-être par votre futur cadeau de Noël…

EN BREF

► Une autre entrave à la production, la hausse des coûts de l’énergie. Elle est historique en Chine. Les ateliers chinois n’avaient pas vu ça depuis 25 ans. Les centrales électriques chinoises tournent encore au charbon dont les cours s’envolent mais elles ne peuvent répercuter cette hausse sur leurs clients car les autorités encadrent les tarifs du courant. Conséquence, les centrales produisent moins alors que dans le même temps, la demande des usines est forte. Les coûts explosent donc pour les entreprises. +10,7% en un an…du jamais vu depuis 1996. Malgré un assouplissement du rationnement la semaine dernier, l’ampleur de la hausse des couts a contraint des usines à fermer totalement ou partiellement leurs portes.

À lire aussi : Chine: forte hausse des prix à la production en raison du coût de l’énergie

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