Le PDG de Radio Zénith FM, Rony Collin, annonce son intention de remettre en marche la station. Une déclaration qui, au lieu de susciter l’enthousiasme, réveille des blessures profondes et des souvenirs encore douloureux dans l’opinion publique. S’il se défend de tout engagement politique, l’histoire récente de ce média vient contredire ce discours de façade.
Il faut se rappeler ce que représentait Zénith FM, une antenne virulente, bras médiatique assumé de l’opposition radicale au défunt président Jovenel Moïse. Ses émissions, au lieu de servir de tribune citoyenne, ont souvent flirté avec la manipulation, la désinformation et la stigmatisation. Pour beaucoup, cette radio fut l’équivalent haïtien de la tristement célèbre « radio mille collines » du Rwanda, alimentant un climat de haine et de division.
L’un des épisodes les plus marquants reste la défense acharnée d’individus arrêtés par la police et aujourd’hui reconnus comme des chefs de gangs sanguinaires. Présentés à l’époque comme de simples militants politiques, ces hommes se sont transformés en véritables bourreaux de la population, plongeant la capitale dans une spirale de sang et de larmes.
La relance de cette station ressemble donc moins à une renaissance médiatique qu’à une provocation à peine voilée. Elle rappelle la responsabilité écrasante de certains médias dans la descente aux enfers que connaît le pays. Quand un micro se transforme en arme, quand une antenne devient caisse de résonance de la haine, il ne s’agit plus de journalisme mais de complicité dans le chaos.


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