Jeudi, l’Assemblée législative salvadorienne a adopté une réforme constitutionnelle majeure, soutenue par 57 députés pro-Bukele contre 3 voix de l’opposition. Cette réforme autorise la réélection illimitée du président, allonge la durée du mandat présidentiel à six ans, supprime le second tour des élections et harmonise tous les scrutins à partir de 2027. Elle renforce ainsi le pouvoir de Nayib Bukele, réélu largement en 2024.
Le mandat actuel de Bukele prendra fin en 2027, soit deux ans plus tôt que prévu, afin d’aligner les élections présidentielles avec les autres scrutins. Adoptée dans le cadre d’une procédure accélérée, cette réforme suscite de fortes critiques, notamment de la part des défenseurs des droits humains, malgré la popularité du président pour sa lutte contre les gangs, rapporte Le Monde.
La députée Ana Figueroa, proche de Bukele, a qualifié la réforme d’« historique », soulignant que seul le peuple décidera de la durée du mandat présidentiel. En revanche, l’opposition dénonce une dérive autoritaire. La députée Marcela Villatoro a affirmé : « La démocratie est morte au Salvador », accusant les partisans du président de cynisme.
Réélu en 2024 avec 85 % des voix, grâce à une décision controversée de la Cour suprême acquise à ses partisans, Bukele renforce désormais son emprise. Cette réforme intervient dans un contexte de répression contre les défenseurs des droits humains, poussant de nombreux journalistes et militants à l’exil. Human Rights Watch a mis en garde contre une dérive autoritaire comparable à celle du Venezuela.
Avec cette réforme, le Salvador rejoint une liste de pays dont l’Allemagne, la Russie et l’Espagne aux régimes politiques très divers. Si certains soutiennent ce changement, de nombreuses voix s’inquiètent pour l’avenir de la démocratie dans le pays.


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