Se foutre du quotidien de la population !

Se foutre du quotidien de la population !

Comment peut-on faire de la politique en Haïti et se foutre du quotidien des gens ? Penser seulement à ripailler et à se satisfaire d’une prétendue mobilité sociale qui a plus à voir avec une sorte de haine, de frustration, d’une revanche à prendre sur une société qu’on aurait dû penser de préférence à changer au lieu de venir tout simplement s’asseoir à la table des traditionnels décideurs ?

On ne peut être qu’abasourdi quand certains, pour justifier une augmentation des prix du carburant, montrent dans des tableaux les prix à la pompe d’autres pays. D’autres pays qui ont une gouvernance, d’autres pays dont les dirigeants pensent à moderniser leur réseau routier, leur système éducatif, leur système de santé. D’autres pays où les dirigeants ont un souci pour le panier de la ménagère, pour le prix des loyers. D’autres pays qui accordent une attention particulière à l’agriculture, qui encouragent l’entrepreneuriat…
Ici nous avons des dirigeants, disons le mot d’une nullité abyssale, qui ne pensent qu’aux privilèges que le pouvoir leur accorde. Combien d’entre eux ont acheté un gallon d’essence avec l’argent de leur salaire ? Ils ont tous des fiches prépayées par l’État. Comment vont-ils se soucier de l’impact de l’augmentation des prix du carburant sur le budget des ménages à faibles revenus qui sont l’immense majorité dans ce pays ? Ce qui est le plus risible c’est que l’argent l’État dit vouloir dégager en ne subventionnant plus les carburants ne servira nullement à la nation. Il servira à enrichir encore plus une clique, à renforcer son pouvoir en finançant entre autres l’insécurité.

Barbancourt

le rhum des connaisseurs

Quand on avance comme justificatif que les gens ont acheté l’essence au prix fort sur le trottoir, cela n’a aucun sens. C’est devant les pompes à essence qu’on voit des queues interminables, des luttes homériques où même des policiers utilisant leur autorité vont remplir des barils de carburant pour que leurs proches aillent revendre le même produit au prix fort sur les trottoirs. Pleins de gens, de groupes se sont fait leur beurre avec cette prétendue pénurie de carburant. Silence forcément complice de l’Etat ! Qu’a fait ce gouvernement pour juguler cette crise du carburant qui perdure depuis des mois ? Rien ! Si des dirigeants d’un État peuvent permettre à des bandits d’avoir droit de vie ou de mort sur une population, on ne va pas leur demander d’être bienveillants avec elle pour une question de prix de carburant.

C’est triste d’écrire, d’écrire constamment les mêmes choses. Un pays ne peut être dirigé par des gens qui n’ont aucun souci du quotidien du citoyen, pire qui ignore ou veut ignorer ce quotidien. C’est encore plus grave que nombre de ces responsables sont issus des classes moyennes ou populaires, mais leur premier réflexe une fois « arrivés » est d’oublier leurs origines, de se trouver une place dans les hauteurs, de ripailler dans les grands hôtels, de venger la race avec des mulâtresses décaties, de se faire valets des étrangers et de jouir royalement de l’État. On pointe fort la bourgeoisie, mais cette classe de décideurs au sein de l’État est aussi nauséabonde.

C’est assommant depuis toutes ces années d’écrire les mêmes choses… Les mêmes choses. Le même constat. On déchouke avec une féroce énergie et on installe un autre malfrat au pouvoir avec la même énergie. Pourtant il faudra bien qu’un jour cela change. Pour de bon.
Gary Victor

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  • Antoine langomier
    15 septembre 2022, 17:27

    L’écrivain Gary Victor n’est pas de la Race des Sansal hier et aujourd’hui (1986-2022). Il a la même lecture que le patriote Antoine Langomier. Je suis très fier de lui. Il y a de cela quelques années, j’étais son collaborateur et il appréciait mon travail.

    Il ne plaisante pas avec les Rejets de Déchets qui ne cessent d’avilir le pays, "C’est encore plus grave que nombre de ces responsables sont issus des classes moyennes ou populaires, mais leur premier réflexe une fois « arrivés » est d’oublier leurs origines, de se trouver une place dans les hauteurs, de ripailler dans les grands hôtels, de venger la race avec des mulâtresses décaties, de se faire valets des étrangers et de jouir royalement de l’État. On pointe fort la bourgeoisie, mais cette classe de décideurs au sein de l’État est aussi nauséabonde."

    Quelle amère constatation, "On déchouke avec une féroce énergie et on installe un autre malfrat au pouvoir avec la même énergie." En clair, yon Sansal kite pouvwa. Yon lot Sansal monte sou pouvwa. Allah sove n!

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