Transport aérien : quand Sunrise fait la loi dans le ciel haïtien

Transport aérien : quand Sunrise fait la loi dans le ciel haïtien

Alors que Philippe Bayard, président de Sunrise Airways, ne cesse de clamer que sa compagnie est « haïtienne » et « soumise aux lois d’Haïti », la réalité est bien plus sombre. Profitant de l’insécurité endémique, il verrouille le marché aérien haïtien à son seul profit, empêchant l’arrivée de tout concurrent.

Depuis la suspension des vols commerciaux par les compagnies américaines en novembre 2024 suite à des tirs de gangs contre un avion de Spirit Airlines Sunrise s’est imposée comme l’unique transporteur intérieur et l’un des rares opérateurs internationaux. Se présentant comme le « gardien » de l’espace aérien haïtien, elle refuse systématiquement l’entrée de compagnies étrangères sous prétexte d’une « réglementation stricte » qu’elle ne respecte pourtant pas elle-même.

Cette stratégie profite pleinement à Sunrise. Des compagnies comme IBC Airways, qui envisagent d’ouvrir des liaisons régulières dès juillet, se heurtent à une série d’obstacles orchestrés par Bayard. Chaque tentative de concurrence est présentée comme dangereuse, prématurée ou non conforme.

Résultat, des tarifs exorbitants, sans que le fonds de garantie de 11 millions de dollars mis en place par l’État ne semble avoir le moindre effet sur le prix des billets. Sunrise bloque même des compagnies comme Aruba Airlines, préférant maintenir un marché captif où règne l’impunité.

Ce monopole s’appuie sur une exploitation cynique de la peur pour préserver ses privilèges, au détriment du droit des Haïtiens à une offre diversifiée, accessible et sécurisée. Il est temps que l’Autorité de l’aviation civile et les autorités haïtiennes ouvrent véritablement le ciel du pays à la concurrence, assurent une régulation équitable et mettent fin à cette mainmise spéculative.