Fermé aux Haïtiens, ouvert aux intérêts étrangers : l’Aéroport Toussaint Louverture est-il devenu une « base américaine » ?

Fermé aux Haïtiens, ouvert aux intérêts étrangers : l’Aéroport Toussaint Louverture est-il devenu une « base américaine » ?

La décision de maintenir fermé l’Aéroport international Toussaint Louverture au grand public, malgré une reprise partielle des activités, ne suscite plus seulement de l’incompréhension : elle alimente une colère grandissante. De plus en plus de voix dans la société civile, les milieux économiques et médiatiques appellent à sa réouverture, dénonçant une situation devenue incohérente et profondément inéquitable.

Car au-delà de la fermeture elle-même, c’est une autre réalité qui choque, c’est le fait que cet aéroport est en train d’échapper au contrôle national pour devenir, de facto, une base américaine. Si cette perception se confirme, elle pose un problème grave, non seulement sur le plan symbolique, mais aussi en matière de souveraineté. Comment accepter que la principale porte d’entrée du pays soit utilisée prioritairement à des fins étrangères, tandis que les citoyens haïtiens en sont exclus ?

L’argument sécuritaire, souvent invoqué, apparaît de plus en plus fragile face à cette contradiction. Si des vols charter peuvent opérer, si des compagnies comme Zed Airlines peuvent reprendre leurs activités, pourquoi maintenir cette fermeture pour le grand public ?

Un aéroport n’est pas qu’une infrastructure technique. C’est un symbole de souveraineté, d’ouverture et de dignité. Le voir fonctionner comme une enclave au service d’intérêts extérieurs, pendant que la population reste à quai, est difficilement acceptable.

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