Le départ du Conseil présidentiel de transition (CPT) marque la fin d’un épisode institutionnel controversé, mais il laisse derrière lui un héritage lourd, notamment sur le plan diplomatique. Durant les deux dernières années, la diplomatie haïtienne a été progressivement vidée de sa substance au profit d’une logique de militantisme politique et de clientélisme assumé. Ambassades et consulats ont trop souvent été transformés en récompenses politiques, au détriment de la compétence, de l’expérience et de l’intérêt supérieur de l’État.
Cette dérive a gravement affaibli la crédibilité d’Haïti sur la scène internationale. Dans un contexte où le pays avait besoin d’alliés solides, d’un plaidoyer cohérent et d’une diplomatie proactive pour mobiliser soutien politique, sécuritaire et économique, les représentants de l’État à l’étranger se sont révélés, pour beaucoup, mal préparés, peu audibles, voire totalement absents des grands enjeux.
L’heure est venue de rompre avec ces pratiques. Le nouveau pouvoir exécutif, désormais exercé par le Conseil des ministres sous la direction du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, doit engager sans délai une réforme en profondeur de la diplomatie haïtienne. Cela passe par une évaluation rigoureuse des chefs de mission, la fin des nominations partisanes et le retour à des critères clairs a savoir compétence, intégrité, maîtrise des dossiers internationaux et sens de l’État.
La diplomatie n’est ni un refuge pour militants déchus ni un instrument de survie politique. Elle est une arme stratégique pour défendre la souveraineté, restaurer l’image du pays et attirer des partenariats utiles.


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