Economies sur la fonction publique : le retour d’une « obsession française »

Economies sur la fonction publique : le retour d’une « obsession française »

La députée socialiste de Seine-et-Marne Céline Thiébault-Martinez, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 28 mai 2025. THIBAUD MORITZ / AFP Y a-t-il trop de fonctionnaires en France ? Le débat sur le budget 2026 n’a pas échappé à cette sempiternelle question de la maîtrise des effectifs publics. Le 6 décembre 2025, le Sénat a ainsi ressuscité le principe du non-remplacement

La députée socialiste de Seine-et-Marne Céline Thiébault-Martinez, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 28 mai 2025.

Y a-t-il trop de fonctionnaires en France ? Le débat sur le budget 2026 n’a pas échappé à cette sempiternelle question de la maîtrise des effectifs publics. Le 6 décembre 2025, le Sénat a ainsi ressuscité le principe du non-remplacement d’un fonctionnaire de l’Etat sur deux partant à la retraite. Une règle mise en place sous Nicolas Sarkozy (2007-2012), mais qui n’a pas passé le cap de l’article 49.3 de la Constitution, déclenché par le gouvernement Lecornu sur le projet de loi.

La rengaine est ancienne. En 1793, déjà, Saint-Just dénonçait la prolifération de « 20 000 sots », les accusant de « corrompre » la République. « Tous ceux qu’emploie le gouvernement sont paresseux », critiquait le révolutionnaire, en appelant la Convention à « diminuer partout le nombre des agents ». Sa dénonciation était alors bien plus politique qu’économique. L’argument budgétaire, en revanche, a bien traversé les époques. Au début du XXe siècle, Georges Clemenceau ironisait : « La France est un pays extrêmement fertile, on y plante des fonctionnaires, et il y pousse des impôts. » Des décennies plus tard, en 1996, le premier ministre Alain Juppé soulignait la « mauvaise graisse » de la fonction publique.

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