Durant quatre jours, un homme mutique a comparu devant la cour d’assises de la Vendée pour avoir tué, le 8 août 2021, le prêtre Olivier Maire, qui l’avait accueilli dans sa communauté des Missionnaires montfortains, à Saint-Laurent-sur-Sèvre. Emmanuel Abayisenga a été condamné, jeudi 22 janvier, à trente ans de réclusion criminelle, avec une peine de sûreté de deux tiers,
Durant quatre jours, un homme mutique a comparu devant la cour d’assises de la Vendée pour avoir tué, le 8 août 2021, le prêtre Olivier Maire, qui l’avait accueilli dans sa communauté des Missionnaires montfortains, à Saint-Laurent-sur-Sèvre. Emmanuel Abayisenga a été condamné, jeudi 22 janvier, à trente ans de réclusion criminelle, avec une peine de sûreté de deux tiers, et à une interdiction définitive du territoire français. A la question de savoir si le meurtre avait été prémédité, la cour et les jurés ont répondu oui. Aux deux questions suivantes – le discernement de l’accusé était-il aboli ou altéré au moment des faits ? –, ils ont répondu non.
La question de la santé mentale d’Emmanuel Abayisenga aurait dû figurer au cœur des débats. Elle en a été balayée. Celui qui a fracassé le crâne du prêtre qui lui avait tendu la main en l’hébergeant dans sa communauté religieuse à sa sortie de détention ; le meurtrier qui s’est présenté à la gendarmerie le lendemain matin avec tous ses sacs en disant : « Il est mort, je suis désolé, mettez-moi en prison » et a ensuite été hospitalisé d’office en psychiatrie pendant un an et demi ; l’accusé qui, pendant l’instruction, a donné des explications toutes plus délirantes et confuses à son acte – entre autres, on lui aurait fait boire « une soupe de castration ». Cet homme-là ne souffre d’aucun trouble psychique pour la cour d’assises de la Vendée,Cet homme-là ne souffre d’aucun trouble psychique pour la cour d’assises de la Vendée.
Ainsi la cour d’assises a-t-elle tranché, contre l’avis des psychiatres concluant à l’altération de son discernement. Et contre l’appréciation des juges du tribunal correctionnel de Nantes qui, en mars 2023, avaient retenu cette altération en condamnant Emmanuel Abayisenga à quatre ans d’emprisonnement pour avoir incendié la cathédrale de Nantes en 2020.
« Je ne connais pas le son de sa voix »
Par où commencer pour dire l’abyssale tristesse de ce procès ? Par la fin. Par la plaidoirie de Me Maud Navenot, avocate commise d’office auprès d’Emmanuel Abayisenga, lequel avait fait savoir qu’il ne voulait pas être défendu. « Je ne connais pas le son de sa voix, je ne connais pas son regard. Je ne vais pas parler de qui il est, je ne sais pas », a-t-elle dit, avant de tenter vainement de convaincre la cour et les jurés que rien, dans le dossier, n’accréditait la préméditation du crime et que de nombreux éléments plaidaient en faveur de l’irresponsabilité pénale de l’accusé. C’était tard, bien trop tard.
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