À la demande insistante de nos lecteurs, Haiti24 aborde un sujet souvent évité : la polygamie en Haïti. Entre réalité sociale, vide juridique et protection des familles, cet éditorial pose une question que le futur Parlement ne pourra indéfiniment esquiver.
La question n’est pas de promouvoir la polygamie ni de la justifier moralement.
La véritable interrogation est la suivante : l’État haïtien peut-il continuer à fermer les yeux sur une pratique aussi répandue ?
Face aux sollicitations croissantes de citoyens, de lecteurs et d’observateurs sociaux, le prochain Parlement haïtien sera tôt ou tard appelé à se pencher sur ce sujet, aussi délicat soit-il.
Vers une polygamie légale et strictement encadrée ?
Toute réflexion sur une éventuelle légalisation ne saurait être permissive ni automatique. Elle devrait s’inscrire dans un cadre juridique strict, clair et responsable.
Un tel dispositif pourrait notamment prévoir :
- l’obligation de justifier de moyens financiers suffisants pour subvenir équitablement aux besoins de toutes les familles concernées,
- des obligations légales précises envers chaque épouse et chaque enfant,
- des mécanismes de contrôle et des sanctions dissuasives en cas de manquement,
- la reconnaissance officielle de chaque union afin de sécuriser les droits civils et successoraux.
👉 Une polygamie encadrée ne saurait être un refuge pour l’irresponsabilité.
Mieux protéger les plus vulnérables
Aujourd’hui, l’illégalité de la polygamie ne protège ni les femmes ni les enfants. Elle les expose davantage à l’abandon, à la précarité économique et à l’insécurité juridique.
Un encadrement légal, même controversé, pourrait offrir des garanties minimales, responsabiliser les personnes concernées et limiter les abus liés aux unions informelles.
Oser regarder la réalité en face
Le débat sur la polygamie touche à la morale, à la religion et aux traditions. Il dérange.
Mais le rôle du Parlement n’est pas d’éviter les sujets sensibles ; il est de répondre aux réalités sociales du pays.
👉 La polygamie existe déjà en Haïti.
👉 La question n’est plus de savoir si elle existe, mais comment l’État choisira d’y répondre.
À la demande de nombreux lecteurs, Haiti24 ouvre ce débat, non pour imposer une position, mais pour encourager une réflexion nationale lucide, responsable et honnête.


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