Sans gêne, Moïse Jean Charles se pose en opposant après avoir joui sans mesure du pouvoir

Sans gêne, Moïse Jean Charles se pose en opposant après avoir joui sans mesure du pouvoir

Moïse Jean Charles se découvre soudain une âme d’opposant. À peine le Conseil présidentiel de transition a-t-il quitté la scène, le 7 février dernier, laissant l’exécutif aux mains du Conseil des ministres dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, que le leader de Pitit Dessalines annonce son passage dans le camp de l’opposition. Une posture qui interroge autant qu’elle irrite.

Car l’ancien sénateur n’a rien d’un outsider. Depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse, son ombre a plané, directement ou par personnes interposées, sur presque tous les gouvernements de transition. Ministre ici, influence là, relais ailleurs, Moïse Jean Charles a su tirer profit de l’instabilité politique chronique pour maintenir son parti dans les cercles du pouvoir, loin des discours populistes qu’il sert aujourd’hui à la foule.

Son Pitit Dessalines est depuis plusieurs mois a la tête du ministère de l’Agriculture. Plusieurs sources évoquent une gestion opaque, notamment autour du commerce de l’anguille, où des autorisations d’exportation auraient été octroyées à des prix jugés exorbitants. Une manne financière qui, selon ces mêmes sources, aurait largement bénéficié à des intérêts proches du parti.

Aujourd’hui que cette rente politique semble s’évanouir, Moïse Jean Charles change de registre. Il appelle à la mobilisation populaire, encourage la rue, attise les colères. Non pas, pour défendre un projet national cohérent, mais pour préserver des intérêts personnels menacés par la nouvelle configuration du pouvoir.

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