Les déclarations récentes des autorités françaises sur la situation au Venezuela illustrent une incohérence politique devenue presque banale, mais rarement aussi flagrante.
D’un côté, le président Emmanuel Macron affirme que « le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro », se félicitant d’une libération présentée comme une évidence morale et politique. Il condamne fermement les atteintes aux libertés fondamentales et estime que le régime de Maduro a porté atteinte à la dignité de son propre peuple.

De l’autre côté, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, adopte un discours radicalement différent. Il rappelle que « l’opération militaire ayant conduit à la capture de Nicolás Maduro contrevient au principe de non-recours à la force » et insiste sur le fait qu’aucune solution politique durable ne peut être imposée de l’extérieur. Selon lui, seuls les peuples souverains peuvent décider de leur avenir.

Cette juxtaposition de déclarations pose une question simple : comment peut-on se réjouir d’un résultat tout en condamnant catégoriquement le processus qui l’a rendu possible ?
La France semble ainsi tenir deux discours simultanés. Un discours moral, qui célèbre la fin d’une dictature et la victoire supposée de la liberté. Et un discours juridique, qui rappelle les principes du droit international et rejette toute intervention extérieure. Applaudir la chute d’un régime tout en condamnant l’action qui l’a provoquée revient à vouloir les effets sans en assumer les causes.
Cette posture révèle une diplomatie hésitante, tiraillée entre l’affichage de valeurs démocratiques et la prudence institutionnelle. Elle permet à la fois de se positionner du « bon côté de l’Histoire » et d’éviter toute responsabilité concrète dans les événements. Mais à force de vouloir ménager tous les principes, la parole française perd en lisibilité et en crédibilité.
En définitive, la France condamne la dictature, mais défend le cadre qui la protège. Elle célèbre la libération d’un peuple, tout en rappelant que personne n’aurait dû intervenir pour la permettre. Une contradiction qui interroge non seulement la cohérence du discours officiel, mais aussi la sincérité de l’engagement français en faveur des peuples opprimés.


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