COVID-19: une partie du nord de l’Italie placée en quarantaine

COVID-19: une partie du nord de l’Italie placée en quarantaine

(Milan) Une large portion du nord de l’Italie, dont la région de Milan, s’est réveillée dimanche matin coupée du monde par une stricte quarantaine décidée par le gouvernement pour contenir l’épidémie de coronavirus.

Miguel MEDINA avec Catherine MARCIANO à Rome
Agence France-Presse

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La population de Milan, alertée dès samedi soir par des fuites dans les médias italiens, s’est comme résignée à une vie au ralenti : les rues étaient désertes et calmes dimanche matin, selon un journaliste de l’AFP sur place.  

Aucun mouvement de panique non plus à la gare centrale, très calme, ni de contrôles de police. Les aéroports restent aussi ouverts, alors qu’il est normalement interdit de sortir des régions sous quarantaine, appelées « zone rouge ».

À l’intérieur de cette zone, où vivent plus de 15 millions d’Italiens (soit un quart de la population), les musées, salles de sports, piscines, discothèques, salles de jeux et pubs doivent rester fermés.

PHOTO MIGUEL MEDINA, AGENCE FRANCE-PRESSE

Quelques touristes assis sur la terrasse du café Via Orefici, au centre de Milan

Les bars et restaurants peuvent rester ouverts à condition de respecter la distance de sécurité (un mètre entre deux personnes), sinon ils doivent fermer.

Milan, siège de la bourse italienne, compte un peu moins de 1,4 million d’habitants, et 10 millions de personnes vivent en Lombardie, poumon économique et industriel de la péninsule. « Le virus ferme le cœur du nord », a résumé dimanche en une le quotidien La Stampa. « La moitié de l’Italie ferme », a constaté Il Messaggero.

PHOTO MIGUEL MEDINA, AGENCE FRANCE-PRESSE

La place du Duomo de Milan

Avec 233 morts, l’Italie, qui compte 60 millions d’habitants, est à la deuxième place derrière la Chine pour le nombre de décès liés au coronavirus, et à la troisième place derrière la Chine et la Corée du Sud pour le nombre de cas positifs, près de 6000 à ce jour.

« Les forces de police seront habilitées à demander des justifications » aux citoyens qui se déplacent, a prévenu le chef du gouvernement Giuseppe Conte en présentant son décret au milieu de la nuit.  

Les plus inquiets, dont des personnes originaires d’autres régions, ont quitté dès samedi soir les zones en passe d’être fermées, selon des médias italiens.

« Pure folie »

Depuis dimanche matin, les déplacements d’au moins 15 millions d’Italiens — soit un quart de la population du pays — sont en principe strictement limités à l’entrée et à la sortie des territoires sous quarantaine.

Mais à la gare centrale dimanche matin, un photographe de l’AFP, s’il n’a constaté aucun mouvement de panique, n’a pas vu non plus le moindre contrôle policier des voyageurs.

Les mesures de confinement concernent toute la région de Lombardie et les provinces septentrionales de Modène, Parme, Piacenza, Reggio Emilia, Rimini (dans la région d’Émilie-Romagne), Pesaro et Urbino (région des Marches, centre-est), Alessandria, Asti (Piémont, nord-ouest), mais aussi Padoue, Trévise, et Venise (en Vénétie, nord-est).

PHOTO ANDREA PATTARO, AGENCE FRANCE-PRESSE

Des passagers patientent à la gare ferroviaire de Venise

Seuls sont autorisés les déplacements répondant à des « impératifs professionnels dûment vérifiés et à des situations d’urgence, pour des raisons de santé ».

« Je vous implore : restez chez vous, sortez uniquement pour des raisons indispensables », a demandé le professeur milanais de virologie Roberto Burioni sur son compte Twitter.

« C’est une pure folie », a-t-il réagi à des informations faisant état de gens ayant fui le territoire avant la quarantaine. « On laisse filtrer le projet d’un décret extrêmement draconien qui provoque la panique chez des gens qui essaient de fuir une hypothétique zone rouge, emportant avec eux la contagion », a-t-il dénoncé.

PHOTO ANDREW MEDICHINI, ASSOCIATED PRESS

Une messe en plein-air a été célébrée à Rome par le père Alessandro Pagliari.

Bien avant l’officialisation du décret gouvernemental vers deux heures du matin, il avait déjà été largement éventé samedi soir par les médias italiens. Une fuite jugée « inacceptable » par le chef du gouvernement Giuseppe Conte. « Cette publication d’une ébauche a créé incertitude et confusion », a-t-il déploré.

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