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Et si le tourisme régional devient une multidestination…

Et si le tourisme régional devient une multidestination…

À la 29e réunion intercessionelle des chefs d’États et de gouvernements du Marché commun des Caraïbes (Caricom), tenue à Port-au-Prince, les 26 et 2 février dernier, un accord multilatéral, après finalisation du document, du Service aérien de ladite organisation régionale a été adopté. Laquelle convention permettra de promouvoir la multidestination, selon les propos du président de la Caricom, Jovenel Moïse qui a présenté la résolution de cette rencontre. Les perspectives touristiques régionales seraient prometteuses.

D’un premier repère informationnel du secteur touristique, les arrivées de touristes internationaux des six premiers mois de l’année 2017 (jasnvier –juin), ont augmenté de 10 % par rapport à la même période pour l’année antérieure, son plus haut niveau depuis une décennie, selon le dernier rapport de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT).

Pour l’année 2015, la Caraïbe a accueilli 22.5 millions de touristes, 19.8 millions de croisiéristes, pour des revenus de 21.5 milliards de dollars environ (CTO, 2016). Au top-3 des destinations de la région, la République dominicaine arrive en tête avec 5.6 millions, suivent Cuba et Porto-Rico respectivement à 3.5 millions chacun (UNWTO, 2016). Quant à Haïti, durant cette même période, il n’a reçu que la modeste quantité de 516 000 touristes. Insatisfaction peut-être. Mais cela était prévisible à cause du contexte politique de cette année et l’absence d’un plan sectoriel pour le développement du tourisme.

Fort de constat, la mise en place des infrastructures de base, un impératif. Le tourisme international se fait en de raisons multiples (études, loisirs, santé, affaires, etc.). Il faut dans la même lignée aménager les zones touristiques prioritaires. En ce sens, on doit réfléchir sur les différentes régions ayant des potentialités touristiques, afin de décider où implanter des aménagements touristiques. On doit faire du tourisme un levier du développement socioéconomique, dit-on.

Dans l’économie mondiale, 1 emploi sur 11 se retrouve dans l’industrie touristique (WTTC, 2016). Cette dernière peut garantir la venue d’IDE, l’augmentation des flux de transactions financières et la valorisation des pratiques culturelles locales. Beaucoup, sont des considérations à faire sur cette multidestination envisagée par l’organisation régionale. Dans la région, les potentialités touristiques existent, mais il faut vraiment penser à un document-cadre pour dynamiser le tourisme dans la région.

À propos d’Haïti

Les données qui existent sur le secteur touristique d’Haïti sont peu reluisantes, ou encore moins compétitives. Promouvoir le tourisme en Haïti revient à dire que la toute première étape consiste en l’implantation d’infrastructures de base : aéroports, ports, autoroutes, voies ferrées, électricité, eau potable, internet, etc. Avec ces infrastructures, l’on pourrait déduire que le tourisme est fonction du développement économique. Il nous faut un vrai plan de développement touristique avec une part représentative du budget national. Car, le dernier plan d’aménagement a été celui du Plan directeur du Tourisme (1996, 2007), mettant l’emphase sur le littoral, autour de la côte Nord-atlantique, la côte des Arcadins, et le Grand Sud (Sud et Sud-Est). Ainsi, d’autres pôles touristiques, devraient être aménagés, par exemple, la région Centre/Nord-Est, pour son potentiel touristique avec la République dominicaine, nous offrant la possibilité de proposer des produits multi-destinations en partenariat avec nos voisins dominicains !

Selon les données du ministère du Tourisme, en 2014, Haïti a reçu plus d’un million de visiteurs (1 127 577 pour être plus précis), dont 662 403 croisiéristes et 465 174 touristes de séjour, ce qui supposerait une croissance de 10,8 % par rapport à 2013. Des données issues de l’Unité d’études et de programmation (UEP) du ministère du Tourisme, font état de 673510 des arrivées mensuelles des croisiéristes en 2015 contre 707924 en 2016.

Pour ce qui est de la classification, de mars à juin 2014, une campagne de classification des établissements d’hébergement a touché les départements de l’Ouest, du Nord, du Sud, du Sud-Est, du Centre, de l’Artibonite et des Nippes. Cent soixante-dix-sept établissements étaient répertoriés et classés sur un total de 525 immeubles visités.

À partir de cette nouvelle évaluation, les établissements hôteliers en Haïti sont désormais classés en fonction des critères distinctifs, les étoiles chez nous – pour faire original – étant remplacées par des hibiscus. Cinq hôtels seulement, représentant à peine 1 % de l’offre total de chambres d’hôtels en Haïti (soit 441 chambres), ont eu droit au classement de cinq hibiscus, l’équivalent de cinq étoiles. Sept autres de quatre hibiscus viennent en seconde position pour un total de 380 chambres, et 52 autres – 10 % de l’offre totale – ont mérité un classement de trois hibiscus pour un total de 1 743 chambres.

Malgré que les chiffres des visiteurs ne soient pas au rendez-vous, la commune de Port-Salut (département du Sud du pays) se trouve parmi le Top de 10 meilleures destinations pour le classement de 2018 de nombreux experts, de Steve Hafner, PDG de KAYAK, à l’animatrice télé Samantha Brown. En raison des logements peu chers et de la nourriture bon marché, Port Salut est une destination plus qu’abordable pour 2018, d’après le classement. L’on peut conclure que le secteur touristique est très prometteur. Mais, nos dirigeants doivent tout mettre en œuvre pour redynamiser ledit secteur en Haïti. Ce, en vue de contribuer à un fort pourcentage du PIB haïtien.

Somme toute, la multidestination abordée dans la 29e réunion intercessionnelle des chefs d’États et de gouvernements de la CARICOM (comprenant15 membres, les plus récemment admis étant le Suriname (1995) et Haïti (1997), serait-elle une réalité ? Rappelons que les membres de la CARICOM sont les suivants : Antigua-et-Barbuda, Bahamas, Barbade, Belize, Dominique, Grenade, Guyana, Haïti, Jamaïque, Montserrat, Saint-Kitts-et-Nevis, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les Grenadines, Suriname et Trinité-et-Tobago.

Therno N. A. Senelus

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