À l’approche des élections, les potentiels candidats commencent à sortir de l’ombre. Sur les réseaux sociaux, affiches et messages annonçant les ambitions politiques de plusieurs personnalités circulent déjà. Mais si certaines candidatures semblent susciter de l’enthousiasme, d’autres provoquent colère et indignation.
Ces controverses sont notamment soulevées par le militant politique Winder Bernard, qui remet en question le retour sur la scène électorale de plusieurs personnalités dont le parcours reste, selon lui, associé aux crises et aux violences politiques ayant marqué le pays.
Le nom d’Arnel Bélizaire, ancien député de Delmas-Tabarre, revient notamment dans les débats. Récemment libéré de prison, il continue de faire l’objet de controverses en raison de déclarations publiques et d’une proximité revendiquée avec le milieu des gangs. Pour une partie de la population, son éventuel retour dans la course électorale soulève de sérieuses questions sur le profil des futurs dirigeants.
Nenel Cassy, ancien sénateur, figure lui aussi parmi les personnalités contestées. Son nom a été cité dans diverses accusations liées à des violences politiques, dont l’assassinat d’un consul, et à l’armement présumé de jeunes à Mariani. On lui reproche également son rôle dans la mobilisation politique contre l’administration de Jovenel Moïse, qui aurait contribué à déstabiliser le pays.
Printemps Bélizaire, ancien député, traîne également une réputation controversée. L’on se souvient de propos qui lui sont attribués, lorsqu’il avait déclaré au Parlement avoir l’habitude de tuer des gens, de les hacher à la machette et de brûler les corps. Des allégations impliquant un véhicule de fonction dans des affaires de kidnapping sont également régulièrement évoquées dans le débat public.
Guy Philippe, pour sa part, reste une figure particulièrement clivante. Son implication dans l’insurrection de 2004 contre Jean-Bertrand Aristide est largement documentée. Il a également été condamné aux États-Unis dans une affaire liée au blanchiment d’argent provenant du trafic de drogue.
Enfin, Assad Volcy suscite des interrogations en raison de son parcours politique et de la fonction ministérielle occupée par son épouse. Certains redoutent que les ressources publiques puissent être utilisées à des fins électorales. Winder Bernard rappelle également son rôle d’ancien membre actif de l’opposition sous Jovenel Moïse et formule des accusations concernant la gestion de fonds publics sous l’administration de Jocelerme Privert. Selon ces allégations, d’importants fonds auraient été dilapidés par l’intermédiaire d’un ministre qu’il aurait placé au ministère des Affaires sociales.
Ces rappels, portés par Winder Bernard, relancent ainsi le débat sur le profil des personnalités appelées à solliciter les suffrages lors des prochaines élections.
Le pays ne peut continuer à reproduire les mêmes schémas en confiant son avenir à des acteurs déjà associés, aux crises et aux divisions du passé. Les prochaines élections devraient être l’occasion de faire émerger des femmes et des hommes porteurs d’une vision nouvelle, attachés à l’intégrité, à la responsabilité et au respect des institutions.


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