Cinq ans après l’assassinat du président Jovenel Moïse, les déclarations de Jean Henry Céant lors de l’émission Se Sa Nou Vle, animée par Rudy Sanon, suscitent de nombreuses interrogations. En affirmant que l’ancien chef de l’État aurait voulu l’assassiner et en se présentant comme un Premier ministre dont les actions visaient à renforcer le mandat présidentiel, l’ancien notaire livre une version des faits qui contraste fortement avec la perception de nombreux observateurs de la vie politique haïtienne.
Pour beaucoup, le passage de Jean Henry Céant à la Primature est davantage associé à une période de confrontation avec le pouvoir exécutif qu’à une collaboration sincère avec le président Jovenel Moïse. Après sa nomination à la tête du gouvernement, il s’est rapidement mis en opposition avec le chef de l’État, dans un contexte de profondes tensions politiques.
Par ailleurs, le nom de Jean Henry Céant a été associé, au fil des années, à diverses accusations concernant de présumés liens avec des groupes armés. Des rapports et des déclarations publiques ont notamment évoqué une relation avec Arnel Joseph, ancien chef du gouvernement. Le gouvernement du Canada a imposé des sanctions à Jean Henry Céant, l’accusant d’entretenir des liens avec des gangs armés et de contribuer à l’instabilité en Haïti.
Dans ce contexte, tenter aujourd’hui de se présenter comme un allié fidèle de Jovenel Moïse apparaît, comme une entreprise de réécriture de l’histoire. Les événements ayant marqué cette période demeurent largement documentés et continuent d’alimenter le débat public.
Les morts ne peuvent répondre aux accusations portées contre eux. C’est précisément pour cette raison que ceux qui prennent la parole sur leur mémoire devraient faire preuve d’une grande rigueur. Les affirmations graves méritent d’être étayées par des preuves solides, sans quoi elles risquent davantage d’alimenter la polémique que de contribuer à l’établissement de la vérité.
L’histoire d’Haïti mérite mieux que des récits façonnés au gré des intérêts politiques du moment. Si Jean Henry Céant souhaite défendre son bilan, il lui appartient de le faire en s’appuyant sur des faits vérifiables, et non en proposant une lecture des événements que beaucoup jugent en contradiction avec le déroulement de son passage à la Primature.


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