Le représentant d’Haïti auprès des Nations Unies, Pierre Ericq Pierre, vient de reconnaître publiquement l’urgence de la situation et d’appeler les États membres à tenir leurs engagements afin de rendre enfin opérationnelle la force destinée à combattre les gangs.
Un discours qui tranche brutalement avec celui tenu, le 20 juillet dernier, par la ministre des Affaires étrangères, Raina Forbin, devant la même organisation internationale. À l’époque, la ministre avait affirmé que la situation sécuritaire s’était « nettement améliorée ». Un mois plus tard, son propre représentant à l’ONU décrit une situation urgente qui exige une réponse « rapide et coordonnée ».
Comment expliquer qu’un gouvernement puisse présenter à la communauté internationale une situation prétendument en amélioration, alors que, quelques semaines plus tard, son représentant reconnaît publiquement la gravité de la crise et réclame l’accélération du déploiement d’une force internationale ?
Le problème n’est pas seulement que le discours de Raina Forbin semble avoir été déconnecté de la réalité. Le plus préoccupant est le message envoyé aux partenaires internationaux et, surtout, au peuple haïtien.
Dans un pays où des citoyens vivent sous la menace permanente des groupes armés, où des territoires échappent au contrôle de l’État et où la capacité des institutions à protéger la population demeure extrêmement limitée, parler d’une situation « nettement améliorée » apparaît, pour le moins, irresponsable. La diplomatie ne devrait pas servir à maquiller la réalité. Elle devrait permettre de la présenter avec lucidité afin de mobiliser les moyens nécessaires pour y répondre.


Taux de change






Leave a Comment
Your email address will not be published. Required fields are marked with *