À Port-au-Prince et dans plusieurs communes de la région métropolitaine, la campagne « Konbit Haïti zéro déchet » se résume pour l’instant au nettoyage et à la peinture de certains anciens dépotoirs. Malgré les avertissements et les menaces d’amendes, les détritus réapparaissent ailleurs, faute d’un véritable système de collecte et de traitement.
Le ministère de l’Environnement (MdE), le Service national de gestion des résidus solides (SNGRS) et le ministère des Travaux publics, Transports et Communications (MTPTC), pourtant directement concernés par l’assainissement, peinent à présenter des résultats concrets.
Le MdE avait annoncé un programme d’assainissement urbain, suivi d’une réforme du SNGRS et d’un renforcement de ses équipements. Le ministère estimait alors qu’environ 75 % du matériel du service était en panne ou à déclasser. Depuis, peu d’informations ont été communiquées sur la mise en œuvre de ces mesures.
Au SNGRS, le directeur Daril Balthazar avait annoncé l’application du principe « pollueur-payeur », ainsi que la création de décharges contrôlées et de centres de stockage destinés à valoriser les déchets. Une commission de restructuration a remis son rapport le 16 juillet, mais son contenu et les suites qui lui seront données restent inconnus.
La situation demeure également préoccupante autour de la décharge de Truitier, principal site de la région métropolitaine, dont l’accès peut être bloqué pendant plusieurs semaines en raison de l’insécurité. Les sites temporaires annoncés par le MdE n’ont toujours pas été officiellement ouverts.
De son côté, le MTPTC, chargé notamment du curage des canaux, reste discret sur les opérations réalisées. Plusieurs canaux demeurent obstrués par les déchets, aggravant les risques d’inondation et d’insalubrité.
Pendant que les autorités misent sur la dissuasion, les habitants continuent de faire face à l’absence d’alternatives efficaces pour se débarrasser de leurs déchets. Sans collecte régulière, infrastructures adaptées et coordination entre les institutions, l’objectif zéro déchet risque de rester un slogan plutôt qu’une politique publique durable.


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